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Les
principales questions que suscite la maladie d'Alzheimer, ainsi
que leurs réponses. Vous pouvez également poser une
question à notre spécialiste, qui vous répondra
dans les meilleurs délais.
Quels
sont les signes précurseurs de la maladie d'Alzheimer ?
Existe-t-il actuellement des traitements efficaces
?
La maladie d'Alzheimer est-elle une maladie
génétique ?
Les femmes sont-elles davantage concernées
par la maladie d'Alzheimer ?
Pourquoi les malades manifestent-ils souvent
leur agressivité et déambulent-ils tous les jours ?
Comment organiser la prise en charge du malade
à domicile ?
Comment et à qui signaler la maltraitance
d'une personne âgée dépendante ?
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Quels
sont les signes précurseurs de la maladie d'Alzheimer ?
La
maladie d'Alzheimer est une démence dégénérative : elle se caractérise
par la lenteur de son installation et la progressivité de son évolution.
Les troubles les plus caractéristiques sont :
- les
troubles de la mémoire, qui représentent en général la première
manifestation clinique de l'affection. Au début le sujet est conscient
de ses troubles et peut chercher à les masquer ; puis ils vont
s'aggraver, aboutissant à un oubli progressif des faits récents
(amnésie antérograde ou amnésie de fixation) : le malade oublie
des noms, des rendez-vous, des numéros de téléphone… et ne s'en
souvient jamais.
- une
désorientation dans l'espace et dans le temps : une personne atteinte
de la maladie d'Alzheimer peut se perdre dans sa propre rue, elle
ne sait plus comment elle s'est rendue là ni comment rentrer chez
elle ;
- des
troubles des capacités gestuelles : la personne est incapable
d'effectuer des tâches quotidiennes, de reproduire fidèlement
des figures géométriques très simples ;
- les
troubles du langage : ils sont la règle avec le " manque du mot
", les troubles de la compréhension verbale, du discours qui se
réduit ou apparaît incohérent (la personne oublie des mots faciles
ou y substitue des mots inappropriés).
- les
troubles de la reconnaissance interviennent à un stade ultérieur
: le sujet ne reconnaît plus des familiers, ni lui-même dans une
glace.
Existe-t-il
actuellement des traitements efficaces?
Les
médicaments actuellement proposés ne traitent pas la cause de la
maladie d'Alzheimer, qui est toujours inconnue, mais les symptômes.
Ce sont des inhibiteurs de l'acétylcholinestérase, qui participe
à la transmission de l'information entre les cellules cérébrales
et se trouve très diminuée dans la maladie d'Alzheimer.
Quatre
molécules ont été commercialisées en France :
- -
la tacrine (Cognex®) a obtenu l'autarisation de mise sur le marché
en 1994, mais une certaine hépato-toxicité et la nécessité d'une
surveillance régulière ont freiné son développement ;
-
- le chlorhydrate de donepezyl (Aricept®) et la rivastigmine (Exelon®)
: ces deux médicaments nécessitent une surveillance cardiaque
mais on pense que leur activité, qui fait l'objet de nombreuses
études, pourrait être étendue à d'autres pathologies.
- -
la galantamine (Reminyl®), a été trop récemment commercialisée
(mise sur le marché en septembre 2001) pour faire l'objet d'une
évaluation clinique de grande ampleur.
Ces
traitements tendent à améliorer le comportement du malade et à accroître
son appétit, ce qui peut se traduire par une prise de poids. Ils
sont prescrits quand la démence est avérée, mais pas encore sévère,
d'où l'intérêt d'une prise en charge rapide de la maladie.
La
maladie d'Alzheimer est-elle une maladie génétique ?
Les
facteurs génétiques jouent un rôle variable dans le déclenchement
de la maladie. Bien que le premier facteur de risque à l'heure actuelle
soit un antécédent direct et avéré de démence type Alzheimer dans
la famille, cela n'implique pas nécessairement une transmission
génétique . Cependant, la mise en évidence chez un individu d'une
protéine sous une forme bien particulière (l'apolypoprotéine E4)
accroît fortement la probabilité d'être un jour victime d'une démence
de ce type. De même, certaines anomalies chromosomiques (chromosome
14 et 21) semblent constituer une prédisposition pour le développement
de la maladie. Ainsi, la plupart des cas de trisomie 21 âgés de
plus de 35 ans sont atteints de démences de types Alzheimer.
Les
femmes sont-elles davantage concernées par la maladie d'Alzheimer
?
Il
existe en effet une prépondérance féminine, de l'ordre de 2/1, qui
croît avec l'âge. Une explication possible est liée à la différence
d'espérance de vie selon le sexe. Cependant, même après pondération
par cet effet de longévité, une tendance à la prédominance féminine
subsiste sans qu'une explication satisfaisante puisse être proposée.
Des facteurs hormonaux pourraient en partie expliquer cette surexposition
féminine : on sait notamment que les traitements oestrogènes contre
la ménopause diminuent l'incidence des démences chez les prescripteurs.
Pourquoi
les malades manifestent-ils souvent leur agressivité et déambulent-ils
tous les jours ?
Les
troubles du comportement sont des manifestations fréquentes dans
la maladie d'Alzheimer : violence, agitation, fugues, déambulations
nocturnes, hallucinations… Ils ont une origine physio-pathologique
et sont avant tout liés à des lésions cérébrales. Les déficits cognitifs
participent à l'accroissement de ces troubles (l'incompréhension
entraîne l'agitation du malade). En outre, au stade intermédiaire,
les troubles du comportement peuvent être caractéristiques d'un
état dépressif et constituer un mode de réaction du malade face
à sa situation. Ces troubles du comportement sont mal vécus par
la famille, qui les perçoit souvent à tort comme un changement de
personnalité du malade. Leur aggravation peut conduire à un placement
du patient en institution.
Comment
organiser la prise en charge du malade à domicile ?
Le
maintien à domicile est préférable quand la démence n'est pas trop
sévère, à la fois parce que le malade s'y sent plus en sécurité,
et pour des raisons économiques liées au coût de l'institutionnalisation.
Mais il est évident que le maintien à domicile ne peut pas se faire
sans l'intervention d'un ou plusieurs tiers pour soulager l'aidant.
Il est très important de ne pas rester isolé.
Employez-vous
à aménager la maison pour le bien-être et la sécurité du malade,
en recourant si nécessaire à du matériel adapté tel que fauteuil
ou lit roulant, au portage des repas ou encore à l'installation
d'un service de télé-assistance proposé par certaines mairies.
N'hésitez
pas à vous faire aider : soins infirmiers à domicile, aide-ménagères,
auxiliaires de vie et autres services qui permettent de répondre
aux besoins quotidiens du malade. Des informations sur ces aides
sont proposées par divers organismes publics (CCAS, CRAM) ou associations
(voir aussi les rubriques de ce site : L'aide
aux familles.
Enfin,
ne restez pas isolé : demandez le soutien de vos proches, prenez
contact avec des associations de familles, confiez régulièrement
votre malade à un centre d'accueil de jour.
Comment
et à qui signaler la maltraitance d'une personne âgée dépendante
?
La
maltraitance ou les mauvais traitements infligés à des personnes
âgées, particulièrement vulnérables et dépendantes, doivent être
signalés par quiconque en a eu connaissance. La maltraitance s'entend
de toutes formes de violences et de négligences, notamment physiques,
morales et psychologiques, médicamenteuses, financières, négligences
active (l'enfermement...) ou passive (absence d'aide à l'alimentation...),
violation des droits civiques (contrainte sur bulletin de vote).
Ce
sont souvent les proches qui alertent les autorités. Quant aux personnes
tenues au secret professionnel, même si elles ne sont pas soumises
à l'obligation de signalement, tels les médecins, elles peuvent
néanmoins être poursuivies pénalement pour non assistance à personne
en péril. Les autorités judiciaires à saisir sont le Procureur de
la République ou son substitut. Les autorités administratives s'entendent
du représentant de l'Etat, du médecin inspecteur de la santé, des
travailleurs sociaux qui en informent sans délai le président du
Conseil général ou toute personne désignée par lui. Le médecin n'est
tenu qu'au signalement des faits constatés. Il ne dénonce pas leur
auteur.
Selon
l'association ALMA, 5 à 10% des plus de 65 ans seraient maltraités
par leurs proches. Il existe depuis peu un réseau national d'écoute
et de suivi des signalements des cas de maltraitance à personnes
âgées à partir de l'expérience du réseau d'écoute et de prévention
Alma : "Allo Maltraitance des personnes âgées", numéro national
3977 ou le 04 91 08 50 94 numéro d'appel pour les Bouches
du Rhone. (association à but non lucratif).
On
peut aussi contacter l'Association Française de Protection et
d'Assistance aux Personnes Agées : numéro vert O800.020.528 (association
à but non lucratif).
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