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Sauvegarde
de justice - Scanner métabolique (dans la
maladie d'Alzheimer) - Signes neurologiques
(dans la maladie d'Alzheimer) - Structure
de soins de longue durée - Syndrome confusionnel

Traitements
non pharmacologiques de la maladie d'Alzheimer - Traitement
pharmacologique (de la maladie d'Alzheimer) - Troubles
de l'appétit et de l'alimentation (dans la maladie d'Alzheimer)
- Troubles du comportement (de la maladie d'Alzheimer)
.
Sauvegarde
de justice
La sauvegarde de justice est l'une des mesures de protection légale
applicable aux patients atteints de la maladie d'Alzheimer. La sauvegarde
de justice est une mesure temporaire réservée aux personnes atteintes
d'une altération provisoire des fonctions intellectuelles. La sauvegarde
peut être ordonnée par le juge dans l'attente de l'ouverture d'une
tutelle ou d'une curatelle. Cette mesure peut intervenir extrêmement
rapidement et permet de rendre réversible toutes décisions prises
par l'intéressé alors qu'il est estimé qu'il ne jouit pas de toutes
ses facultés mentales. Cette mesure peut être utile lorsque l'aggravation
de la condition du malade est survenue de façon imprévue ou quand
l'entourage n'a pas pensé à entreprendre une autre démarche.
Scanner
métabolique (dans la maladie d'Alzheimer)
La tomographie à émission de positrons (PET) et de simple photon
(SPECT) ont montré des anomalies du débit sanguin cérébral global
et régional dans la maladie d'Alzheimer. Une baisse du débit sanguin
cérébral survient tôt dans l'évolution de la maladie. Cette baisse
paraît capable de prédire le taux de détérioration intellectuelle.
Des déficits cognitifs spécifiques sont corrélés avec la topographie
des anomalies de perfusion. Les mesures globales de démence sont
étroitement corrélées avec la baisse de la perfusion cérébrale du
lobe pariétal. En clinique, le scanner métabolique doit être réservé
au diagnostic des démences peu évoluées ou atypiques. Il permet
parfois de redresser un diagnostic erroné de maladie d'Alzheimer
en montrant des anomalies de perfusion évoquant davantage une autre
démence (comme une démence fronto-temporale) ou un syndrome d'atrophie
corticale focale progressive.
Signes
neurologiques (dans la maladie d'Alzheimer)
La
présentation clinique d'un patient ayant une maladie d'Alzheimer
débutante est essentiellement cognitive, et l'examen neurologique
est habituellement normal. Toutefois, il est important de rechercher
la présence de symptômes qui, avec l'évolution, seront plus fréquents
et plus nets.
Les
troubles extra-pyramidaux peuvent être présents, mais leur fréquence
est inférieure à 30 % dans les cas vérifiés à l'autopsie alors que
70 % des malades ayant une démence avec Corps de Lewy ont une symptomatologie
extra-pyramidale au cours de l'évolution.
Les
troubles de la marche peuvent être présents, surtout à un stade
évolué, marche à pas raccourcis, avec une certaine instabilité posturale.
Ces troubles sont corrélés à la sévérité de la démence. oLes chutes,
dont le mécanisme n'est pas univoque, peuvent survenir au cours
de l'évolution. Leur fréquence est significativement moindre que
dans la démence avec corps de Lewy (10 % contre 40 %).
Les
réflexes archaïques sont à rechercher : un signe de la moue, un
réflexe de préhension ou de succion, un réflexe palmo-mentonnier
peuvent être présents comme dans beaucoup d'autres démences. Il
s'observe plus dans les démences évoluées. Des comportements d'utilisation
et surtout d'imitation peuvent s'observer à un stade plus précoce.
Structure
de soins de longue durée
La
prise en charge dans les structures institutionnelles pose trois
problèmes :
1.
N'est-il pas possible de maintenir la personne âgée plus longtemps
à domicile ? Si la personne est entourée, la famille bénéficie-t-elle
de toutes les aides possibles ? Il serait, en effet, regrettable
d'institutionnaliser trop tôt un patient car le choc psychologique
de l'institutionnalisation s'accompagne souvent d'une aggravation
des performances intellectuelles.
2.
Le patient institutionnalisé est-il valide ou non ? Est-il perturbateur
ou non ? C'est le problème de la cohabitation avec les autres pensionnaires
qui n'ont pas à subir les désagréments, dans leur vie quotidienne,
que peuvent provoquer certains patients très perturbateurs.
3.
Le patient souffrant de maladie d'Alzheimer présente-t-il par ailleurs
d'autres maladies associées graves légitimant une surveillance médicale
étroite, des ajustements thérapeutiques fréquents ? Ou, la maladie
d'Alzheimer est-elle isolée ?
C'est
au terme de ces différentes questions que l'on pourra envisager
le lieu de prise en charge le plus adéquat pour le patient souffrant
de maladie d'Alzheimer. Si la maladie est associée à des pathologies
graves, nécessitant un environnement hospitalier, des unités spécifiques
au titre du long séjour peuvent être envisagées mais elles manquent
encore, cruellement en France. Si le patient est encore valide sans
pathologie associée grave, sa place peut tout à fait être envisagée
dans le cadre d'une maison de retraite avec éventuellement une unité
Alzheimer spécifique prévue à cet effet. Ces unités, encore rares,
devraient être développées, l'idéal étant de petites structures
d'une douzaine de patients. La maladie d'Alzheimer par elle-même
ne justifie pas en tout cas le recours hospitalier systématique.
Syndrome
confusionnel
On
peut définir le syndrome confusionnel comme étant un dysfonctionnement
temporaire et réversible du fonctionnement métabolique cérébral
et dont la manifestation essentielle est une détérioration de la
capacité d'attention aux stimuli externes et de la capacité d'organiser
sa pensée ; c'est un état fluctuant, généralement accompagné de
perturbations du cycle éveil-sommeil, de la mémoire, de l'activité
psychomotrice et de la perception. Le syndrome confusionnel correspond
souvent à une décompensation d'une maladie d'Alzheimer sous-jacente
méconnue. Devant tout syndrome confusionnel survenant chez une personne
âgée, il faut rechercher de façon systématique la présence d'une
maladie d'Alzheimer évoluant à bas bruit, dont le diagnostic n'aurait
pas été porté mais qui aurait été décompensée, à l'occasion d'une
affection intercurrente, d'une hospitalisation, d'une intervention
chirurgicale ou de tout autre facteur médical ou environnemental
ou d'une cause médicamenteuse.
Traitements
(non pharmacologiques de la maladie d'Alzheimer)
Le
traitement de la maladie d'Alzheimer est forcément plurimodal, faisant
appel à des mesures médicamenteuses et non médicamenteuses. La prise
en charge non médicamenteuse doit être multidisciplinaire, et faire
donc appel aux différents acteurs de la chaîne de soins : neurologues,
gériatres, psychiatres, neuropsychologues, psychologues (cf. Médecins
spécialistes), kinésithérapeutes, ergothérapeutes, infirmières,
orthophonistes… Le médecin généraliste doit être le coordonateur
de cette équipe multidisciplinaire.
Une
stratégie adaptée à chaque patient et à chaque moment évolutif de
sa maladie, doit être élaborée. Il faut d'abord informer et aider
les proches. Il ne peut pas y avoir de prise en charge efficace
sans l'instauration d'une collaboration entre l'aidant principal
et les soignants. Il s'agit en effet d'obtenir de l'entourage des
informations sur le patient, son passé, ses loisirs, ses préférences,
sa place actuelle dans le noyau familial… Ensuite, un travail d'information
sur la maladie, son mode évolutif, ses complications, les modalités
de prise en charge doit être réalisé. Il permet d'éviter les réactions
d'incompréhension, de rejet ou d'hyperprotection, comme les conduites
agressives et la maltraitance.
Il
permet aussi de repérer plus précocement les éventuelles complications.
Il faut apprendre à l'entourage à adapter demandes et stimulations
aux possibilités réelles du patient. L'équipe soignante devra régulièrement
conseiller les aidants naturels en matière d'organisation spatio-temporelle,
d'aménagement de l'emploi du temps et du lieu de vie. Le traitement
des troubles cognitifs comme psycho-comportementaux ne peut être
opérant que s'il s'appuie sur une prise en charge globale de l'aidant.
Les soins infirmiers représentent un des axes essentiel du traitement
non médicamenteux, que le patient vive à domicile ou en institution.
Ils permettent d'assurer un lien entre le patient, son entourage
et l'équipe soignante. Ils rendent possible un certain degré de
stimulation cognitive globale. La régularité et la répétition quotidienne
des soins, renforcent le repérage temporel ; la médiation corporelle
peut stimuler des échanges que la carence langagière ne permet plus.
Chaque déficit pourra nécessiter une prise en charge plus spécifique
: les troubles de la marche par les kinésithérapeutes, les troubles
phasiques ou de la déglutition par les orthophonistes, les troubles
du comportement alimentaire par une diététicienne… Pour chaque stade
évolutif, une adaptation de cette prise en charge sera nécessaire
; à titre d'exemple, les troubles du comportement alimentaire et
de la déglutition conduiront tout d'abord à modifier le régime,
puis à fractionner les prises, à prescrire des aliments hyperprotidiques…
Enfin les techniques psychothérapiques d'inspiration psychanalytique
ou cognitivo-comportementales peuvent être nécessaires pour réaliser
un étayage affectif et narcissique et ainsi renforcer les conduites
adaptées. D'autres techniques peuvent aussi avoir un effet de type
psychothérapeutique : il peut s'agir d'ergothérapie, de groupes
de parole, de musicothérapie, de techniques de relaxation… Les techniques
de stimulation cognitive globale sont aussi d'un grand intérêt en
matière de prise en charge non médicamenteuse de la maladie d'Alzheimer,
puisqu'elles participent au maintien de l'autonomie.
Traitement
pharmacologique (de la maladie d'Alzheimer)
Les traitements pharmacologiques officiellement reconnus par les
autorités de santé (Autorisation de Mise sur le Marché, AMM) ne
datent que de quelques années. Il convient de préciser que les médicaments
reconnus dans l'indication de la maladie d'Alzheimer sont peu nombreux
(4 en France en 2001). Tous les produits disponibles doivent être
considérés aujourd'hui comme des médicaments symptomatiques c'est-à-dire,
correcteurs d'un symptôme ou d'un déficit et non physiopathologique,
notion qu'impliquerait une preuve (chez l'homme) du blocage d'un
processus physiopathologique clé conduisant à la mort cellulaire.
Enfin la pharmaco-épidémiologie nous apprend que la prise au long
cours d'œstrogènes (traitement supplétif de la ménopause), d'anti-inflammatoires
non stéroïdiens (traitement de la polyarthrite), d'antagonistes
calciques (essentiellement la nifédipine, lors de la cohorte Syst-Eur)
dans le traitement de l'hypertension artérielle systolique diminuent
la probabilité d'apparition de la démence ; ces données ne peuvent
être considérées aujourd'hui comme une preuve suffisante pour parler
de médicaments protecteurs ou justifier d'une prescription systématique
dans le but de prévenir la maladie d'Alzheimer, même chez les sujets
cumulant les facteurs de risque. Les médicaments possédant l'AMM,
sont des inhibiteurs de l'acétylcholinestérase et en ce sens améliorent
les processus attentionnels et le traitement de l'information par
le cerveau.
Troubles
de l'appétit et de l'alimentation (dans la maladie d'Alzheimer)
La
démence de type Alzheimer est habituellement associée à une perte
pondérale. Cette perte pondérale peut avoir un impact sur la sévérité
de la maladie par la carence en facteurs nutritionnels indispensables
à l'activité cérébrale, mais également être à l'origine de chutes
et de fractures du col du fémur ou responsable d'une immunodépression,
source d'infections diverses.
1.
Les mécanismes à l'origine de la malnutrition
Toutes les enquêtes au domicile ou en institution confirment la
perte pondérale, parfois avant même que le diagnostic de démence
ait été suspecté. Au long de l'évolution des différentes phases
de la maladie, plusieurs causes peuvent être évoquées. L'atrophie
du cortex mesial temporal, zone du cerveau impliquée dans le comportement
alimentaire, la mémoire et les émotions, est précoce dans l'histoire
de la maladie. L'activité physique peut également être considérablement
augmentée pendant une période de la maladie où l'on constate une
déambulation excessive. Toutefois les études explorant les besoins
énergétiques de base ou liés à l'effort n'ont jamais pu démontrer
que l'amaigrissement était provoqué par le découplage besoins accrus,
apports insuffisants.
Sur
le plan comportemental, diverses situations peuvent impliquer des
troubles de l'orexie. À la phase initiale de la maladie, la prise
de conscience des troubles peut être à l'origine d'une réaction
dépressive. Plus tard vont apparaître : des troubles des praxies
(le patient ne sait plus utiliser ses couverts ou ne coordonne plus
les gestes fondamentaux de l'alimentation) et des troubles du comportement
avec distractibilité, agitation, cris, refus. Les traitements de
la dépression par les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine,
des troubles du comportement par des molécules neuroleptiques atropiniques,
ou de la démence par des inhibiteurs de la cholinestérase, peuvent
être à l'origine d'anorexies généralement réversibles à l'arrêt
des médicaments ou lors de la réduction de leur posologie. Enfin,
le milieu familial joue un rôle fondamental dans la survenue de
l'amaigrissement. Le conjoint et la famille du dément tiennent une
place critique dans le processus, leur prise en charge ne doit pas
être négligée.
2.
Comment prévenir la malnutrition ?
À
domicile, il faudra privilégier les mets associés à des moments
forts de la vie passée, relever le goût des plats, partager et aider,
dès qu'apparaissent les premiers signes de défaillance, dans l'acte
alimentaire. Les compléments oraux s'intègrent dans le traitement
de la malnutrition, en cas d'échec des mesures d'accompagnement
psychosociales.
En
institution, à la période des troubles du comportement, il faudra
tenter de réduire la distractibilité source de lever de table prématuré,
limiter l'inversion des goûts avec un repas commencé par le dessert
(entraînant une satiété précoce), savoir aider en dirigeant puis
en se substituant le cas échéant à la personne pour faire manger.
La texture des aliments devra se rapprocher le plus près d'une texture
souple ou du coupé-menu (gardant à l'aliment son aspect initial)
plutôt qu'un mixage intempestif et uniforme peu appétissant.
Troubles
du comportement (de la maladie d'Alzheimer)
Le
comportement correspond à l'ensemble des réactions objectivement
observables d'un individu. Il représente l'intégration de plusieurs
composantes complexes du fonctionnement cérébral. En pathologie,
on peut parler de trouble du comportement mais plusieurs autres
termes sont utilisés pour qualifier ces symptômes ; symptômes neuro-psychiatriques,
symptômes psychiatriques, symptômes non cognitifs. Parmi les principaux
troubles relevés chez les malades, on citera : l'apathie, l'anxiété,
la dysphorie, l'agitation, l'irritabilité, le comportement moteur,
l'alimentation, le délire, le sommeil, la déshinibition, les hallucinations,
l'euphorie. Les troubles du comportement d'un patient dément peuvent
avoir plusieurs origines : être l'expression directe d'un processus
organique cérébral et/ou constituer un mode de réaction de l'individu
face à une situation nouvelle tant sur le plan extérieur que sur
le plan de son état de santé. Les troubles du comportement sont
des manifestations fréquentes dans les démences de type d'Alzheimer
et les autres pathologies démentielles. La prise en compte de ces
symptômes est importante car ils contribuent à l'augmentation de
la désadaptation du patient, un déclin cognitif plus rapide et sont
une source majeure des difficultés pour l'entourage. La reconnaissance
des troubles du comportement a amené au développement d'instrument
d'évaluation spécifique.Les relations entre troubles du comportement,
troubles des fonctions cognitives, neuro-anatomie et psychopharmacologie
constituent un champ de recherche particulièrement important.
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