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Orthophonie

Pathologies
associées (Maladie d'Alzheimer et) - Perte
d'autonomie (dans la maladie d'Alzheimer) - Physiopathologie
(de la maladie d'Alzheimer) - Pick (Maladie
de) - Plaque sénile - Prévalence
- Prise en charge par kinésithérapie - Protéine
amyloïde
Orthophonie
La
prise en charge orthophonique est en théorie justifiée par l'existence
de troubles du langage constant dans la maladie d'Alzheimer. Au
début de la maladie, on observe le plus souvent une dysorthographie,
un manque du mot conduisant à l'utilisation de mots vagues (machin,
truc), de circonvolutions, et de phrases inachevées. Les paraphasies
sont d'abord rares, qu'elles soient phonémiques (arc pour harpe)
ou sémantiques (violon pour harpe). Elles se généralisent plus tard
et conduisent à un discours incohérent. En pratique, on manque encore
d'étude précisant les indications de l'orthophonie dans la maladie
d'Alzheimer et prouvant son efficacité dans ce cadre. La prise en
charge en orthophonie ne se justifie que si le patient conserve
de bonnes capacités de compréhension, d'attention et de raisonnement,
c'est-à-dire particulièrement en début de maladie ou dans une maladie
où les troubles du langage prédominent. L'objectif est notamment
de stimuler la vie relationnelle des patients.
Pathologies associées
(Maladie d'Alzheimer et)
La
maladie d'Alzheimer ne protège pas des autres maladies. La maladie
d'Alzheimer frappant en grande majorité des personnes très âgées
et ce avec une fréquence augmentant avec l'âge, la plupart des patients
sont poly-pathologiques. Se pose donc le problème de la prise en
charge et du traitement simultané de la maladie d'Alzheimer et des
maladies associées.
Perte
d'autonomie (dans la maladie d'Alzheimer)
La
perte d'autonomie dans la maladie d'Alzheimer évolue sur une durée
prolongée de l'ordre de sept ans. Toutefois, il existe des formes
cliniques de maladie d'Alzheimer à évolution rapide et d'autres
beaucoup plus lentes. La perte d'autonomie cognitive (mémoire, orientation
temporo-spatiale, jugement, capacités exécutives) est la première
à se manifester. La perte d'autonomie dans trois des quatre activités
quotidiennes suivantes : gestion de l'argent, utilisation du téléphone,
déplacement et prise des médicaments, est souvent corrélée à un
risque élevé de démence. Chaque trouble cognitif altère à sa façon
l'autonomie. Toutefois, certains troubles ont davantage de poids,
en particulier les troubles apraxiques (gestes) qui vont modifier
les capacités du patient à assurer seul les gestes de la toilette,
de l'habillage, des repas… La survenue au stade évolué des troubles
de la marche et de la statique, et de troubles de continence sphinctèrienne,
signe le passage à la dépendance totale, physique et cognitive.
À chaque étape de l'évolution de la maladie, la prise en charge
va viser à réduire et retarder la perte d'autonomie. La stimulation
cognitive est donc essentielle : elle permet de préserver très longtemps
de nombreuses facultés relationnelles. A contrario l'abandon et
la neuroleptisation les conduisent rapidement à des états régressifs
et à la perte d'autonomie.
Physiopathologie
(de la maladie d'Alzheimer)
La
physiopathologie exacte de la maladie d'Alzheimer reste actuellement
méconnue. L'hypothèse actuelle est celle d'une cascade d'événements
aboutissant à la perte synaptique et la mort cellulaire. Outre la
recherche chez l'homme, les recherches ont bénéficié des résultats
obtenus sur des modèles animaux (lémuriens et souris transgéniques).
Ces recherches ont permis d'identifier plusieurs éléments importants
de cette cascade pathologique, sans pouvoir actuellement les relier
de façon certaine. Cette recherche est toutefois fondamentale, car
c'est la seule permettant d'espérer trouver un jour des traitements
agissant en amont des processus aboutissant aux lésions cérébrales
irréversibles.
1.
L'hypothèse amyloïde : la protéine amyloïde (ou peptide béta-A4)
est le constituant majeur des plaques séniles. Elle est le produit
du clivage d'une protéine transmembranaire : le précurseur de la
protéine amyloïde (APP, Amyloid Précursor Protein). Il existe plusieurs
isoformes (au moins 8) d'APP, codées à partir d'un gène unique situé
sur le bras long du chromosome 21. Ces isoformes diffèrent par leur
nombres d'acides aminés (563 à 770). Le peptide béta-A4 est un produit
normal du catabolisme de l'APP sous l'action de béta et gamma-sécrétases.
Son rôle physiologique serait de réguler la sécrétion d'APP et le
transport des axones. Dans les conditions physiologiques, la production
de béta-A4 est faible. Dans la maladie d'Alzheimer, il existerait
une surexpression de certaines isoformes de l'APP (notamment de
l'APP-751 et l'APP-770), qui inhiberaient les alpha-sécrétases,
conduisant à l'accumulation du peptide béta-A4. L'agrégation du
peptide entraînerait un dysfonctionnement synaptique et la mort
des cellules (notamment par entrée massive de calcium, augmentation
de la toxicité du glutamate et augmentation des radicaux libres).
Un certain nombre de substances (protéine tau, ubiquitine, zinc…)
pourraient intervenir dans ce processus comme co-facteurs.
2.
L'hyperphosphorylation de la protéine tau : la protéine tau
est le constituant essentiel de la dégénérescence neurofibrillaire
(DNF). Elle joue un rôle physiologique dans la polymérisation et
la stabilisation des microtubules qui constituent le cytosquelette
neuronal et interviennent dans le flux axonal. Dans la maladie d'Alzheimer
survient une hyperphosphorylation des protéines tau inaptes à stabiliser
les tubules, ce qui aboutit à la formation des paires hélicoïdales
de filaments (PHF). L'augmentation de béta-A4 et du glutamate pourraient
augmenter la phosphorylation de tau.
3.
L'identification de gènes de susceptibilité (voir Génétique)
: les formes familiales de la maladie d'Alzheimer sont rares (moins
de 10 %). Elles ont toutefois permis d'identifier des gènes de susceptibilité
à la maladie. On a identifié des mutations sur le chromosome 21
(gène de l'APP), sur les chromosomes 14 et 1 (gènes respectivement
des présénilines 1 et 2, dont le rôle n'est pas encore bien connu).
Ces trois types de mutations sont surtout associées à des maladies
préséniles. Pour les formes tardives, on a évoqué des mutations
sur les chromosomes 12 et 19. Des mutations du chromosome 19, au
niveau du gène codant pour l'apolipoprotéine E, aboutiraient à une
sur expression de l'isoforme epsilone4. Les patients homozygotes
epsilone4 auraient un risque beaucoup plus élevé d'être atteints
de maladie d'Alzheimer, car ils seraient plus sensibles à l'hyperphosphorylation
de tau et formeraient plus facilement des agrégats de béta-A4. D'autres
hypothèses physiopathologiques sont cependant évoquées.
Pick
(Maladie de)
La maladie de Pick est regroupée dans la catégorie des démences
fronto-temporales. Décrite il y a plus d'un siècle, elle a été longtemps
confondue cliniquement avec la maladie d'Alzheimer. Au début, la
prédominance des troubles du comportement et de l'humeur contrastant
avec une atteinte plus discrète des fonctions cognitives est la
particularité commune des démences fronto-temporales. La maladie
de Pick aurait peut-être une plus grande évolutivité que la démence
fronto-temporale aspécifique, et en imagerie, une atrophie fronto-temporale
plus nette. Mais elle est difficilement distinguable des autres
démences fronto-temporales. En revanche, ses particularités anatomiques
sont notamment des corps de Pick, inclusions neuronales argyrophiles
composées de protéines tau pathologiques (tau 55 et tau 64) ainsi
que des cellules de Pick, neurones ballonés.
Plaque
sénile
La
plaque sénile, seulement visible au microscope, a un diamètre de
30 à 300 microns. Il s'agit d'une structure sphérique qui comprend
un centre (" ou cœur ") où s'est accumulé un produit insoluble -
la protéine amyloïde -, et une couronne faite de prolongements nerveux
dilatés, principalement des axones, parfois chargés de protéine
" tau " (tubule associated unit), constituant principal des dégénérescences
neurofibrillaires (DNF). Les plaques séniles sont presque exclusivement
localisées dans le cortex cérébral. Leur nombre augmente au cours
de la maladie et il est statistiquement lié à l'importance de la
détérioration intellectuelle. Les dégénérescences neurofibrillaires
(DNF) et les plaques séniles sont les lésions indispensables au
diagnostic de maladie d'Alzheimer.
Prévalence
La
prévalence (nombre de cas présents durant une période donnée) globale
de la démence est en France d'environ 5 % des plus de 65 ans. La
maladie d'Alzheimer représente 60 à 80 % de ces cas de démences
soit 3 à 3,5 %. La maladie est rare avant 60 ans. La prévalence
des démences augmente en fonction de l'âge de manière exponentielle
: elles atteignent 2 % des Européens entre 65 et 69 ans et près
de 30 % après 90 ans. Elle est un peu élevée chez les femmes surtout
aux âges avancés, après 85 ans. Cette différence entre hommes et
femmes s'explique en partie par la plus grande longévité des femmes.
Selon les estimations retenues, on peut chiffrer le nombre de cas
de démence en France entre 500 000 et 600 000 sujets.
Prise en charge par
kinésithérapie
La
maladie d'Alzheimer s'accompagne rapidement de troubles de l'équilibre,
de la statique et de la marche qui exposent les patients à un risque
de chute. Les troubles de la maladie d'Alzheimer viennent se surajouter
à ceux propres à l'âge (troubles sensoriels, pathologies ordinaires,
etc.) expliquant la fréquence élevée de chute chez ces patients.
Ces chutes exposent à des complications parfois sévères, dont la
redoutable fracture du col du fémur. La meilleure utilisation de
la kinésithérapie semble avant tout préventive, prescrite dès la
constatation de difficultés d'équilibre et de marche.
Protéine
amyloïde
Certaines
protéines peuvent prendre une disposition spatiale particulière
(bêta-plissée) qui les rend insolubles. Les dépôts constitués par
ces protéines insolubles sont colorés par le rouge Congo et rendus
fluorescents par la thioflavine. Ils ont un aspect fibrillaire en
microscopie électronique : ces propriétés définissent le caractère
" amyloïde ".
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