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Echelles
d'activités de la vie quotidienne - Evaluation
des comportements - Echelles d'évaluation
globale - Encéphalopathies spongiformes sub-aiguës
(EES) - Epilepsie - Epidémiologie
(de la maladie d'Alzheimer) - Evaluation
cognitive - Evolution de la maladie d'Alzheimer
- Examens biologiques (dans la maladie d'Alzheimer)
- Explorations (d'un patient suspect de maladie
d'Alzheimer).
Echelles
d'activités de la vie quotidienne
Les
activités de la vie quotidienne ne pouvant être mesurées, elles
sont donc évaluées. Cela signifie qu'on va coder une impression.
Toutes les échelles d'évaluation sont donc subjectives, c'est-à-dire
influencées dans une part plus ou moins large, par la personnalité
de l'évaluateur. L'évaluateur peut être la personne elle-même (auto-évaluation)
ou un tiers qui peut être professionnel ou non professionnel. Pour
que l'évaluation soit fiable, il est indispensable de recueillir
l'avis des multiples personnes qui entourent la personne âgée. Les
principaux outils d'évaluation des actes de la vie quotidienne sont
les IADL (Instrumental Activities of Daily Living) de Katz et, en
France, la grille AGGIR, qui sert par ailleurs à la détermination
de la prestation spécifique dépendance (PSD) et de la tarification
graduée dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées
dépendantes (EHPAD).
Evaluation
des comportements
L'évaluation
des troubles du comportement pose de nombreuses difficultés. La
prise en compte directe de l'opinion du patient permet d'avoir sa
propre perception. Mais celle-ci peut cependant être déformée, le
patient ne pouvant pas se rappeler ou rapporter consciemment ses
symptômes. L'évaluation par le clinicien est plus objective, mais
se situe dans le cadre d'un entretien et donc forcément limité dans
le temps. L'évaluation par l'entourage permet d'avoir une appréciation
des comportements du sujet au cours des actes de la vie quotidienne.
Les principaux troubles comportementaux observés sont : - Idées
délirantes - Hallucinations - Agitation - Dépression - Anxiété -
Euphorie - Apathie - Désinhibition - Irritabilité - Comportement
moteur aberrant - Troubles du sommeil - Modifications de l'appétit
et des comportements alimentaires .
Echelles
d'évaluation globale
Les
échelles d'évaluation globale sont très utiles pour apprécier la
sévérité de la maladie d'Alzheimer et/ou pour suivre son évolution.
Les plus utilisés sont de deux types : les minitests et les batteries
compactes.
Le
Mini-Mental Test de Folstein ou MMSE (Mini Mental State Examination)
est un test simple comportant 30 questions (score de 0 à 30) qui
explorent l'orientation, la mémoire immédiate, l'attention, le calcul,
le langage et les praxies visuo-constructives. Il peut être pratiqué
en moins de 15 minutes.
De
façon très schématique, la démence est considérée :
- débutante : > 24 ;
- légère : entre 20 et 26 ;
- modérée : entre 10 et 20 ;
- sévère : < 10.
L'Alzheimer
Disease Assessment Scale (ADAS) évalue d'une part l'humeur et
le comportement et d'autre part les fonctions cognitives. L'ADAS-Cog
peut être réalisé en 45 minutes et est plus sensible que le MMSE.
Son score varie de 0 à 70. On peut estimer la dégradation moyenne
des performances cognitives aux stades légers et modérés de la maladie
par la perte de 2 à 4 points par an au MMSE et de 6 à 8 points par
an à l'ADAS-Cog.
L'échelle
hiérarchisée de Mattis évalue 5 secteurs cognitifs : l'attention,
l'initiation, la construction, les concepts et la mémoire. Elle
peut être réalisée en 30 minutes et établit un score allant de 0
à 144.
Encéphalopathies
spongiformes sub-aiguës (EES)
Les
encéphalopathies spongiformes sub-aiguës (EES)correspondent à un
groupe de démences transmissibles, c'est-à-dire caractérisées par
leur transmissibilité à l'animal. Une protéine anormale, la PrP
ou protéine prion, qui joue un rôle encore mal défini dans la transmission
de la maladie est une isoforme anormale d'une protéine normalement
présente dans le cerveau.
La
maladie de Creutzfeldt-Jacob s'observe chez des sujets habituellement
autour de la soixantaine. Elle se caractérise dans sa forme classique
par une évolution sub-aiguë en trois stades. Le début insidieux
se traduit par des modifications du caractère, par des troubles
du sommeil, des difficultés mnésiques et attentionnelles. En quelques
semaines apparaissent une incoordination motrice avec troubles de
la marche puis des épisodes confusionnels, une détérioration intellectuelle,
des agitations, des idées délirantes et des hallucinations. Il s'agit
d'une démence d'évolution rapide. En 3 à 6 mois, apparaît le stade
végétatif avec mutisme, akinésie, rigidité, … Le décès survient
dans 90 % des cas avant un an. La maladie de Creutzfeldt-Jacob (MCJ)
est particulièrement rare : 1 cas annuel par million d'habitants
! À la suite de l'épidémie d'encéphalopathie spongiforme bovine,
des cas humains débutant chez les adultes jeunes, avec une présentation
initiale plus psychiatrique et une évolution plus longue ont été
décrits en Grande-Bretagne dans un peu plus de 50 cas (3 cas en
France en 2001). Les encéphalopathies spongiformes touchent plusieurs
espèces animales : citons la scrapie ou tremblante naturelle des
ovins et quatrains, l'encéphalopathie spongiforme du vison et surtout
l'encéphalopathie spongiforme bovine où l'infection a été transmise
par l'ingestion d'aliments à base de carcasse de moutons infectée
par la strapie.
Epilepsie
L'incidence
des crises d'épilepsie augmente avec l'âge et l'épilepsie du sujet
âgé, bien que souvent sous-estimée, s'avère être fréquente. Les
crises d'épilepsie ne surviennent, en règle générale, que dans les
formes évoluées de la maladie. Ainsi la maladie d'Alzheimer en elle-même
est un facteur de risque pour les crises et les épilepsies tardives.
Epidémiologie
(de la maladie d'Alzheimer)
L'étude
de la fréquence et de la distribution des cas de maladie d'Alzheimer
en fonction de caractéristiques des populations a permis de confirmer
la notion de maladie fréquente (3 % des plus de 65 ans), d'augmentation
exponentielle de la fréquence avec l'âge mais ne permet pas complètement
d'affirmer une prépondérance féminine de la maladie qui apparaît
nettement dans les chiffres de prévalence. Les formes familiales
à début précoce ne sont qu'une très faible part des cas de maladie
d'Alzheimer et la majorité de ces formes sont associées à des mutations
sur les chromosomes 1, 12, 14 et 21. Un gène situé sur le chromosome
19, celui de l'apolipoprotéine E influence le risque de maladie
d'Alzheimer dans sa forme habituelle : ce risque est multiplié par
4 pour les porteurs de l'allèle epsilone4 de ce gène. La relation
négative observée entre niveau d'éducation et survenue d'une maladie
d'Alzheimer n'est pas élucidée. Les traitements hormonaux de la
ménopause semblent avoir un rôle protecteur et, à un moindre degré,
les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) également. Le rôle
protecteur d'une consommation d'alcool modérée n'est pas prouvé.
L'existence de facteurs de risque vasculaire (athérosclérose, tension
artérielle élevée) est de plus en plus mise en avant.
Evaluation
cognitive
L'évaluation cognitive dans le cadre de la maladie d'Alzheimer a
trois objectifs essentiels :
- dépister
les patients suspects d'être atteints ;
- vérifier
que les patients répondent aux critères diagnostiques de la maladie
;
- évaluer la
sévérité de l'atteinte et suivre l'évolution.
Le
premier objectif peut s'appuyer sur des tests simples comme le MMSE
ou le test de l'horloge, réalisables facilement, même en cabinet.
Le
second objectif nécessite une évaluation dont la complexité qui
est inversement proportionnelle à la sévérité de l'activité cognitive.
Les formes où la détérioration est évidente (MMSE < 20) peuvent
être explorées par des outils neuropsychologiques visant simplement
à établir la présence de signes clés du diagnostic. En revanche,
dans les formes débutantes de démences, l'utilisation de tests complexes
et quantifiés est requise afin de discriminer avec plus de certitude,
les troubles de la maladie d'Alzheimer de ceux imputables à un vieillissement
physiologique.
Dans
cette situation, l'exploration est réalisée au mieux dans un centre
spécialisé. L'atteinte de la mémoire est un des premiers troubles
de la maladie d'Alzheimer. De ce fait, les tests évaluant la mémoire
sont des outils primordiaux pour le diagnostic précoce. L'étude
de la plainte de mémoire paraît en elle-même intéressante car elle
serait un signe très précoce. L'épreuve qui paraît la plus intéressante
actuellement dans le bilan de la maladie d'Alzheimer est l'épreuve
de Grober et Buschke (1987). Elle permet de contrôler que le sujet
a bien enregistré 16 mots-cibles (appartenant à 16 catégories distinctes)
qu'on lui demande de mémoriser et d'évaluer la facilité de la récupération
après délai induite par des indices de rappel. L'épreuve comporte
trois essais successifs avec rappel libre, rappel indicé ou différé.
Evolution
de la maladie d'Alzheimer
La
maladie d'Alzheimer est un syndrome progressif et irréversible présentant
des composantes cognitives, fonctionnelles, comportementales et
psycho-affectives auxquelles s'ajoute en phase tardive une détérioration
motrice. La mort du patient survient habituellement dans un délai
de 5 à 12 ans après le début apparent de la maladie. Il n'y a actuellement
ni traitement curatif, ni prévention efficace. La prise en charge
n'est que symptomatique. Son but est d'une part d'améliorer la qualité
de vie et le bien-être des patients en atténuant les manifestations
les plus difficiles à supporter.
L'évolution
typique de la maladie est marquée par trois stades :
- le premier
stade, " prédémentiel ", est le stade d'installation de la maladie,
dominé par les troubles de mémoire ;
- le second
stade, dit " démentiel ", est caractérisé par les conséquences
du déclin cognitif dans la vie quotidienne. Le patient est de
moins en moins capable d'une vie indépendante ;
- le troisième
stade, dit " végétatif ", est marqué par la dépendance complète
du malade devenu incapable de prendre soin de lui-même, de parler
et de se nourrir.
Examens
biologiques (dans la maladie d'Alzheimer)
Le bilan biologique
a avant tout un intérêt dans le cadre du diagnostic différentiel
afin d'éliminer les principales étiologies connues pour être à l'origine
d'une altération cognitive. Ainsi, un bilan minimal sanguin doit
être systématiquement effectué. Il comprend une numération formule
sanguine, un ionogramme (avec en particulier un dosage de la natrémie
et de la calcémie), une évaluation de la fonction rénale, une vitesse
de sédimentation, un bilan thyroïdien (T4 ; TSH).
Explorations
(d'un patient suspect de maladie d'Alzheimer)
L'exploration
d'un patient suspect de la maladie d'Alzheimer est avant tout basée
sur la clinique. Un interrogatoire minutieux du patient et surtout
de son entourage est indispensable. Le mode de début doit être précisé
: troubles de la mémoire, du langage, troubles visuo-spatiaux, troubles
psycho-comportementaux (irritabilité, apathie, isolement, désintérêt).
L'âge de début, l'ancienneté des troubles, les modalités évolutives
sont des données importantes à prendre en compte. Le retentissement
des troubles cognitifs sur la vie quotidienne est un des éléments
clés de la démarche diagnostique.
L'enquête épidémiologique
PAQUID a montré qu'une altération de l'autonomie dans quatre domaines
de la vie quotidienne était corrélée de façon significative au risque
de développer une démence : il s'agit de l'utilisation du téléphone
et des moyens de transport, de la gestion du budget et de la prise
des médicaments. Une attention toute particulière devra être portée
aux antécédents personnels (traumatisme crânien, niveau socio-culturel,
prise d'alcool, facteurs de risque vasculaire) et familiaux (syndrome
démentiel, autres maladies neuro-dégénératives, trisomie 21). L'examen
neurobiologique a une place très importante.
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