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Déficit
cholinergique (dans la maladie d'Alzheimer)
- Dégénérescence cortico-basale - Dégénérescence
neurofibrillaire (DNF) - Délire (Maladie d'Alzheimer
et) - Démence avec Corps de Lewy (DCL) -
Démences dégénératives non Alzheimer - Démences
fronto-temporales (DFT) - Démences mixtes
- Démences vasculaires Dépression
(Maladie d'Alzheimer et) - Diagnostic
de la maladie d'Alzheimer (Critères du) - Diagnostic
de démence (Critères du)
Déficit
cholinergique (dans la maladie d'Alzheimer)
On
a pu démontrer un déficit cholinergique, concernant à la fois le
cortex et les structures sous-corticales, chez les patients atteints
de la maladie d'Alzheimer. En premier lieu, les études post-mortem
ont montré chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer
une réduction des marqueurs corticaux de l'activité cholinergique
(choline acétylase ou acétylcholinestérase) qui était nettement
corrélée à la densité des plaques séniles et à l'évaluation de la
sévérité de la démence. Parmi l'ensemble des déficits cognitifs,
celui de la mémoire est celui qui corrèle le mieux avec la carence
cholinergique. D'autres études ont démontré l'existence d'un déficit
cholinergique concernant les structures sous-corticales, avec d'autres
conséquences cognitives (notamment sur les fonctions attentionnelles
et exécutives). Plus récemment encore, des études du métabolisme
cérébral in vivo (par TEP) ont démontré la baisse diffuse de l'activité
cholinergique corticale à des stades très précoces de la maladie.
Dégénérescence
cortico-basale
La
dégénérescence cortico-basale est une forme rare de la démence dégénérative
qui ne doit pas être confondue avec la maladie d'Alzheimer. Elle
peut être évoquée devant la survenue de troubles apraxiques (gestes)
sévères le plus souvent asymétriques et accompagnés parfois d'un
sentiment de perte d'appartenance de main concernée et de mouvements
échappant à la volonté du patient (main " capricieuse ").
Dégénérescence
neurofibrillaire (DNF)
La
cellule nerveuse, ou neurone, comprend un " corps cellulaire " dont
sont issus deux types de prolongements : des dentrites qui reçoivent
l'information, l'axone qui la véhicule vers d'autres neurones. Au
cours de la maladie d'Alzheimer, le corps cellulaire de certains
neurones se charge d'un matériel anormal qui est constitué par l'accumulation
de nombreuses fibres anormales d'un diamètre d'environ 10 nm (les
" fibrilles "). On parle alors de dégénérescence neurofibrillaire
(DNF). La microscopie électronique révèle qu'il s'agit de paires
hélicoïdales des filaments appariés. Celles-ci sont faites d'un
constituant normal de la cellule, la protéine " tau ", qui a subi
des modifications anormales au cours de la maladie. Le nombre de
neurones comportant une dégénérescence neurofibrillaire est statistiquement
lié à l'importance de la détérioration intellectuelle. La dégénérescence
neurofibrillaire cause la mort du neurone et peut rester libre dans
l'espace extracellulaire. Les DNF et les plaques séniles sont les
deux lésions indispensables au diagnostic de la maladie d'Alzheimer.
Délire
(maladie d'Alzheimer et)
Selon
les études, de 16 à 44 % des patients présentant une démence de
type Alzheimer peuvent présenter une expérience délirante durant
le cours de leur maladie. Les expériences délirantes surviendraient
plus fréquemment chez les patients présentant une atteinte des régions
frontales ou temporales. La thématique délirante est souvent basée
sur des interprétations. La diminution des capacités du sujet entraîne
une diminution de ses capacités d'évaluation des différentes composantes
d'une situation, et l'amène à interpréter d'une manière erronée
certains faits incompris. On retrouve souvent les idées de complot,
de persécution et de transformation d'apparence (tel que le syndrome
de " Capgras " où le patient est persuadé que son conjoint a été
remplacé par un imposteur de même apparence).
Démence
avec Corps de Lewy (DCL)
Souvent
confondue avec la maladie d'Alzheimer, la DCL est une démence progressive
avec troubles attentionnels et mnésiques. Elle s'en distingue par
certaines particularités cliniques : des fluctuations des fonctions
cognitives, des hallucinations visuelles quasi quotidiennes précoces.
D'autres signes se retrouvent avec une plus grande fréquence que
dans la maladie d'Alzheimer : des chutes répétées, des malaises,
des idées délirantes assez structurées et d'autres types d'hallucinations.
Les neuroleptiques sont formellement contre-indiqués car favorisant
des aggravations spectaculaires, notamment des troubles dépressifs
sévères. L'évolution, plus lente au début, est ensuite plus grave
et plus rapide que dans la maladie d'Alzheimer.
Démences
dégénératives non Alzheimer
Sous
cette appellation, on regroupe les maladies neurodégénératives qui
posent des problèmes de diagnostic avec la maladie d'Alzheimer,
surtout en début d'évolution.
1
- Les démences fronto-temporales :
- la dégénérescence aspécifique des lobes frontaux et temporaux
(la plus fréquente) ;
- la maladie de Pick (la plus anciennement connue) ;
- la démence fronto-temporale avec maladie du moto-neurone ;
- la démence fronto-temporale liée au chromosome 17 avec symptômes
extra-pyramidaux.
De
plus, l'aphasie primaire progressive, et l'anarthrie progressive
peuvent évoluer tardivement vers des tableaux proches des démences
fronto-temporales.
2
- Les démences avec Corps de Lewy
- la forme pure de démence à Corps de Lewy sans lésion de type Alzheimer
;
- la forme associée à la maladie d'Alzheimer ou variante à corps
de Lewy de la maladie d'Alzheimer.
3
- La paralysie supra-nucléaire progressive où l'importance du ralentissement
idéique contraste avec la modération des troubles de la mémoire.
4
- La dégénérescence cortico-basale
5
- La gliose sous-corticale progressive ou maladie de Neumann (rare).
C'est une maladie sporadique ou familiale de caractère dominant.
6
- La maladie de Parkinson Une démence dégénérative peut survenir
chez les parkinsoniens qui peut être d'origines diverses : il peut
s'agir d'une démence parkinsonienne vraie, chez un patient qui avait
jusque-là des troubles cognitifs discrets puis modérés. Elle est
d'autant plus fréquente que la maladie a débuté tardivement. L'association
d'une maladie de Parkinson et d'une maladie d'Alzheimer est possible,
et même relativement fréquente compte tenu de la prévalence élevée
des deux maladies.
7
- La maladie de Huntington est une maladie neurogénétique dégénérative.
Démences
fronto-temporales (DFT)
La
démence fronto-temporale (DFT) serait la deuxième cause de démence
dégénérative après la maladie d'Alzheimer. Elle est trop souvent
méconnue ou confondue avec la maladie d'Alzheimer d'autant qu'elle
peut en avoir les critères. Sa prévalence est estimée à un cas pour
six maladie d'Alzheimer.
Ces changements dans le comportement peuvent se regrouper en quatre
rubriques. Elles sont caractérisées par :
- des troubles du contrôle de soi : hyperoralité, conduites alcooliques,
désinhibition verbale, désinhibition comportementale, irritabilité,
colères, troubles du contrôle des émotions avec rires ou pleurs
inappropriés, instabilité motrice ;
- la négligence physique par rapport aux habitudes antérieures portant
sur l'hygiène corporelle, les vêtements, les cheveux ;
- les troubles de l'humeur : tristesse apparente, indifférence affective,
hyperémotivité, exaltation ;
- les manifestations d'une baisse d'intérêt : apathie, désintérêt
social, assoupissement diurne. Ces troubles du comportement ne sont
pas spécifiques aux DFT. Les tests neuropsychologiques sont peu
perturbés au stade initial : la mémoire est au début systématiquement
préservée. L'aggravation est progressive : la réduction d'activité
s'accentue, la perte de l'incitation verbale aboutit au mutisme.
La durée d'évolution est en moyenne de 8 ans. Les études familiales
nous apprennent que des antécédents familiaux similaires sont fréquents
dans la DFT aspécifique mais rares dans la maladie de Pick.
Démences
mixtes
Les
démences mixtes sont définies par l'association de deux pathologies,
chacune pouvant par elle-même être responsable d'une démence. En
pratique clinique, l'association la plus rencontrée est celle des
deux causes les plus fréquentes de démence, à savoir une maladie
d'Alzheimer et une démence vasculaire. Très souvent le terme de
démence mixte, sans autre précision, est employé pour désigner cette
association bien qu'en théorie, d'autres associations soient possibles
(comme Alzheimer plus Parkinson). Le diagnostic d'une démence mixte
(vasculaire plus Alzheimer) est difficile à porter.
Démences
vasculaires
Les
démences vasculaires (DV) sont définies par les syndromes d'altération
cognitive et comportementale secondaires aux facteurs vasculaires
affectant le cerveau. Globalement, les DV constituent la seconde
grande cause de démence (15 à 20 %) après la maladie d'Alzheimer.
Les DV auraient toutefois une fréquence beaucoup plus importante
après 85 ans, constituant alors une cause de démence au moins aussi
fréquente que la maladie d'Alzheimer. Le diagnostic est rendu complexe
par la fréquence élevée chez le sujet âgé de la maladie d'Alzheimer
et des DV, ce qui rend possible leur coexistence chez un même patient,
sous la forme d'une démence mixte.
Dépression
(Maladie d'Alzheimer et)
Un
trouble dépressif est constitué d'un ensemble de symptômes : l'humeur
triste, la culpabilité et les idées de mort s'accompagnent de signes
témoignant d'une diminution de tension comme le pessimisme, la dévalorisation,
les pertes d'intérêt et un ralentissement. Il existe d'autres symptômes
souvent présents comme les somatisations ou l'anxiété. Enfin, la
dépression s'accompagne de troubles des fonctions cognitives : la
mémoire, les mécanismes attentionnels et toutes les épreuves qui
nécessitent l'utilisation de mécanismes d'organisation interne et
d'effort conscient. Selon les études, la fréquence de la dépression
dans la maladie d'Alzheimer varie de 5 à plus de 80 %. Cela traduit
bien la difficulté d'utiliser une description précise du syndrome
dépressif. Les syndromes dépressifs complets ne seraient présents
que dans 5 à 15 % des démences de type Alzheimer, essentiellement
aux stades précoces de la maladie. En revanche, une symptomatologie
dépressive limitée serait présente dans plus de 50 % des cas et
sur une période plus prolongée de l'évolution. Ces symptômes peuvent
être retrouvés très précocement dans l'évolution d'une maladie d'Alzheimer
et dans certains cas, en constituer les signes inauguraux.
Diagnostic
de la maladie d'Alzheimer (Critères du)
Les
critères diagnostiques de maladie d'Alzheimer ont fait l'objet d'un
réel consensus. Les plus utilisés sont les critères du DSM-IV (de
l'Association Psychiatrique Américaine). Les critères du DSM-IV
requièrent notamment la présence du noyau démentiel, une évolution
progressive et continue ; la survenue d'une confusion mentale ;
l'absence d'explication de la démence par d'autres affections. Ils
sont centrés sur les troubles cognitifs et ne font aucune place
aux troubles neurologiques ou psycho-affectifs. Ces critères accordent
une faible part aux troubles affectifs et comportementaux. En outre,
ils s'appliquent aux patients atteints de " démence d'Alzheimer
". On ne peut que souhaiter le développement de critères de " maladie
d'Alzheimer " permettant ainsi de diagnostiquer les formes infra-démentielles
(avant la survenue de la démence) de la maladie d'Alzheimer.
Diagnostic
de démence (Critères du)
L'élaboration
de critères internationaux des démences a reposé essentiellement
sur l'approche de l'Association Psychiatrique Américaine. La conception
des critères de démence reste imparfaite et critiquable. Ainsi,
la hiérarchie des signes et symptômes, a été et reste visiblement
très influencée par la sémiologie des démences d'Alzheimer, ce qui
rend ces critères moins sensibles aux aspects plus spécifiques d'autres
maladies, comme les démences fronto-temporales, ou bien les démences
vasculaires, où les troubles mnésiques et les troubles de la pensée
abstraite peuvent manquer
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