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Centres de jour- Conduite automobile- Consultation de mémoire - Curatelle

Centres de jour

Les centres de jour (Adult Day Care Centers) proposent un mode de prise en charge à la journée au patient dément. Le statut administratif et juridique de ces structures d'accueil est variable, mais implique le plus souvent une participation financière des familles. Généralement, les patients sont accueillis plusieurs fois par semaine, dans des groupes appariés de niveau d'évolution, allant des formes débutantes de la maladie aux stades évolués. L'accueil de jour peut être ainsi une alternative à l'institutionnalisation tant que la dépendance n'est pas trop importante. Le concept de centre de jour privilégie deux objectifs : prise en charge du patient et aide de la famille ; faire bénéficier le patient d'activités adaptées à ses capacités et à ses besoins, activités sollicitant les aptitudes cognitives, la mobilité corporelle, les activités de la vie quotidienne. Par le biais de ces activités, le centre de jour incite le patient à adopter des conduites sociales acceptables pour soi et pour les autres. La prise en charge du patient procure à l'entourage familial un temps de répit et de repos. La plupart des centres ont un programme d'aide psychologique et de formation des familles par le biais de réunions régulières. Il a été démontré que les programmes ont une efficacité sur la qualité de vie de l'entourage familial. En France, cette formule de prise en charge reste à développer (il existe une trentaine de centres), alors qu'aux Etats-unis leur nombre est toujours croissant, passant de 1 200 en 1985 à plus de 3 000 en 1994.

Il existe à Marseille deux centres de jour spécialisés :

  • Provence Alzheimer 14, traverse de la Seigneurie 13009 Marseille Tél. : 04 91 40 07 77
  • La Restanque de Provence Parc Provence, Bâtiment C2 46, avenue de Saint Barnabé 13012 Marseille Tél. : 04 91 85 64 60

Certaines maisons de retraite spécialisées dans la prise en charge des patients déments (Cf. annuaire des maisons de retraite) proposent également aux familles des accueils de jour pendant toute l'année.

Conduite automobile

Interdire ou non la conduite automobile à un patient atteint de la maladie d'Alzheimer pose des problèmes pratiques (évaluation du risque et argumentation médico-légale) et éthiques (justification d'une limitation importante de la liberté individuelle). Bien que la préservation de la mémoire procédurale permette un maintien prolongé des automatismes de conduite, plusieurs études épidémiologiques récentes ont démontré que les troubles cognitifs propres à la maladie d'Alzheimer (notamment les troubles de l'attention, du jugement et de l'orientation spatiale) majorent de façon importante le risque d'accident de la circulation. Cependant, la législation en vigueur ne cite pas nommément la maladie d'Alzheimer comme cause d'interdiction de permis, mais liste parmi d'autres causes neurologiques les troubles de la sénescence.

Consultation de mémoire

Les consultations de mémoire (CDM) ont été progressivement mises en place à partir des années 1990 afin de répondre au besoin émergent de structures capables de mener à bien l'exploration de sujets, habituellement âgés, présentant des troubles de mémoire. Bien que la recherche d'une maladie d'Alzheimer soit souvent au centre de préoccupations, les CDM (centre experts) ne doivent pas être conçues comme des centres de dépistage primaire de cette affection. En effet, de nombreuses pathologies organiques ou psychiatriques peuvent retentir sur le fonctionnement mnésique. Ainsi, selon le mode de sélection, entre 20 et 60 % des consultants présentent une pathologie psychiatrique (anxiété, dépression). L'implication du médecin traitant dans la démarche est essentielle et, de ce fait, beaucoup de CDM demandent une lettre de sa part avant d'accepter un patient. En effet, le médecin traitant doit à la fois jouer un rôle de filtre contre les demandes excessives, mais aussi, avoir une attitude active de dépistage en adressant rapidement les patients à la CDM (voir : Médecin généraliste, Médecin spécialiste).

L'évaluation réalisée en CDM doit comporter au minimum :
- un entretien clinique, précisant notamment s'il s'agit d'une plainte mnésique personnelle, ou bien de troubles constatés par la famille, l'existence ou non d'une perte d'autonomie de la vie quotidienne (en s'aidant le cas échéant d'échelles d'activités de la vie quotidienne) ;
- un examen clinique, surtout neurologique mais aussi global ;
- un entretien psychiatrique, permettant d'évaluer le contexte, la présence de signes dépressifs ou anxieux ;
- une évaluation cognitive utilisant des tests neuropsychologiques. Cette évaluation doit préciser la réalité et la sévérité du déficit mnésique, mais aussi l'existence et la sévérité de déficits concernant d'autres champs cognitifs (langage, fonctions exécutives, fonctions visuo-spatiales, praxies…).

Le cas échéant, l'examen doit permettre de savoir si le patient répond à des critères de démence et d'évaluer la sévérité de l'atteinte globale. La synthèse de ces différentes investigations, complétée éventuellement par des données biologiques ou neuroradiologiques simples, permet le plus souvent d'aboutir à un diagnostic étiologique de haute probabilité. Dans de rares cas, la démarche diagnostique devra être complété par des examens neuropsychologiques ou complémentaires plus sophistiqués (comme une étude du métabolisme cérébral), réalisés au mieux en milieu très spécialisé.

Les patients attendent enfin une proposition de prise en charge de l'affection. Ce rôle, en principe, n'est pas dévolu à la CDM qui doit surtout jouer un rôle d'orientation, en collaboration avec le médecin traitant. Les patients atteints d'affection organique seront adressés à un spécialiste (neurologue ou gériatre) libéral ou hospitalier selon la situation pour un traitement adapté. Les CDM sont un outil précieux devant permettre, à terme, un diagnostic plus précoce de la maladie d'Alzheimer. Par essence multidisciplinaire, elles constituent un maillon important des réseaux de soins de la maladie d'Alzheimer.

Curatelle

La curatelle est l'une des mesures de protection légale applicable au patient atteint de la maladie d'Alzheimer. La curatelle est un régime d'incapacité partielle. Elle est ouverte lorsque le majeur, sans être hors d'état d'agir lui-même, a besoin d'être conseillé ou contrôlé pour certains actes de la vie civile ou lorsque par " sa prodigabilité, son intempérance ou son oisiveté ", il pourrait tomber dans le besoin ou compromettre l'exécution de ses obligations familiales. Le majeur sous curatelle peut percevoir et utiliser, seul, ses revenus, conclure un bail d'habitation, établir un testament, voter, etc. En revanche, il est assisté par son tuteur pour les ventes de biens immobiliers, les donations, etc. La mise sous curatelle peut constituer pendant un temps plus ou moins long la mesure la plus adaptée pour les démences légères ou modérées.

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