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Les
troubles du comportement sont fréquents au cours de la maladie d'Alzheimer.
Ils varient d'un patient à l'autre et selon le stade de la maladie
chez un même patient. Ils font partie des symptômes les plus difficiles
à supporter pour l'entourage familial. Ils aboutissent à un épuisement
psychologique et physique des proches qui conduit souvent au placement
du patient en institution.
Les
troubles de l'humeur
L'anxiété
serait l'une des manifestations les plus précoces. Elle peut se
voir en début de maladie, lorsque le patient a conscience de la
diminution de ses capacités intellectuelles. Plus tard l'anxiété
peut s'exprimer par des préoccupations physiques, une agitation
nocturne, des conduites d'opposition ou des déambulations.
A
un stade évolué de la maladie, il peut exister une angoisse de l'abandon
à l'origine d'une sollicitation permanente épuisante de l'entourage.
Les réactions dépressives sont fréquentes au cours de la maladie.
Par contre les véritables dépressions sont rares.
Certains
symptômes comme le désintérêt, l'apathie, la réduction d'activité
ou la perte de motivation appartiennent aussi bien au registre dépressif
qu'au registre démentiel et la distinction entre les deux pathologies
est parfois difficile. Les états dépressifs s'expriment soit par
un émoussement affectif, soit par des manifestations d'anxiété et
d'irritabilité.
Les
troubles de la personnalité et du comportement
La
méconnaissance partielle ou totale des troubles
peut être à l'origine de difficultés dans la prise en charge du
patient, celui-ci pouvant refuser l'aide qui lui est apportée car
n'en comprenant pas l'utilité.
Les
familles rapportent souvent une modification de la personnalité
du patient qui se manifeste soit par une majoration des traits de
caractère antérieurs à la maladie, soit par une modification du
comportement.L'aspontanéité, la perte de motivation, l'indifférence
se voient surtout en début d'évolution. On peut observer aussi des
réactions émotionnelles inadéquates se manifestant par des épisodes
d'excitation ou d'irritabilité.
Les
comportements d'agitation posent d'importants problèmes de prise
en charge aussi bien dans le milieu familial qu'en institution.
On regroupe sous ce terme des troubles variés. Il peut d'agir de
déambulation ou de piétinements incessants, d'activités répétitives
sans but comme ranger et déranger des objets, plier et déplier des
mouchoirs, aller constamment aux toilettes, se frotter les mains,
s'habiller et se déshabiller, de troubles verbaux comme le rabâchage
des mêmes mots. La fugue est également une manifestation d'agitation
fréquente. Ces comportements se voient chez les patients à un stade
évolué de la maladie. Ils doivent toujours faire rechercher d'autres
facteurs qui peuvent les expliquer : maladie concomitante, changement
dans l'environnement, incompréhension de la situation,...
Les
comportements d'agressivité sont beaucoup plus souvent verbaux
(cris, injures) que physiques (coups, morsures). Ils surviennent
généralement en réaction à un événement particulier : changement
d'environnement qui apparaît étranger et inquiétant pour le malade,
refus de la toilette, mauvaise interprétation d'un geste ou d'une
parole de la famille ou du personnel soignant,.... Ils sont liés
à la sévérité de la maladie et s'accompagnent souvent d'une aggravation
de celle-ci.
Les
troubles psychotiques
On
appelle ainsi les idées délirantes, les hallucinations et les erreurs
d'identification.
Les
idées délirantes sont fréquentes. Il s'agit le plus souvent
d'idées de vol, d'abandon, de jalousie ou de persécution vis-à-vis
de la famille ou de l'entourage. Les idées délirantes peuvent être
à l'origine d'accès d'agitation et d'agressivité. Mais elle sont
le plus souvent fugitives. Elles sont généralement associées à d'autres
troubles du comportement. Elles sont considérées comme de mauvais
pronostic car elles s'accompagnent souvent d'une accélération de
la détérioration.
On
appelle troubles de l'identification des erreurs d'identification
de lieux ou de personnes. Le patient ne reconnaît pas sa maison
ou son conjoint comme étant les siens. Il peut se comporter comme
si des personnes décédées vivaient toujours, s'adresser à des personnages
de télévision ou de magazine comme s'ils étaient réels, demander
à retourner chez lui alors qu'il s'y trouve. Parfois il ne reconnaît
pas son propre visage dans un miroir et se parle comme à une personne
étrangère.
Les
hallucinations sont moins fréquentes que les manifestations
délirantes. Elles sont plus souvent visuelles qu'auditives et représentent
alors des personnes, des animaux ou des ombres. Elles s'accompagnent
souvent d'épisodes délirants. Elles peuvent être liées à un déficit
sensoriel. Elles sont prédictives d'une accélération de la maladie.
Les
troubles des conduites élémentaires
Les
troubles du sommeil sont difficiles
à supporter pour l'entourage. Ils peuvent se manifester de différentes
façons : somnolence dans la journée, difficultés d'endormissement,
réveils nocturnes multiples, réveil matinal précoce, inversion du
rythme veille-sommeil avec somnolence dans la journée et insomnie
la nuit. Les réveils nocturnes sont souvent accompagnés d'agitation
et de déambulation. Les troubles du sommeil sont à l'origine d'un
épuisement physique de l'entourage et motivent fréquemment le placement
en institution.
Les
troubles alimentaires s'observent de préférence dans les formes
évoluées. Mais on peut voir assez tôt une réduction de l'appétence.
L'amaigrissement est très fréquent au cours de la maladie d'Alzheimer.
Les conduites boulimiques sont plus rares.
Les
troubles sphinctériens débutent par une incontinence urinaire
nocturne. Avec l'évolution, les troubles s'aggravent et surviennent
nuit et jour. L'incontinence fécale se voit dans les formes sévères
de la maladie.
Les
troubles sexuels sont le plus souvent modérés et à type de
désintérêt plutôt que d'hyperactivité.
Définition
de la démence
Le
concept de démence a largement évolué depuis son apparition en 1726.
Il a connu différentes acceptations et classifications. Un relatif
consensus s'est établi sur le terme de démence avec la version du
manuel Diagnostique et Statistique des Maladies mentales (DSM III)
de l'Association Américaine de Psychiatrie publiée en 1980.
La
démence est définie par l'apparition d'un déficit cognitif associant
obligatoirement une altération de la mémoire à une autre atteinte
(langage, geste, apprentissage,..) d'intensité suffisante pour perturber
le fonctionnement social ou professionnel et entraîner un déclin
significatif par rapport au fonctionnement antérieur. Elle survient
en l'absence de confusion mentale et d'agitation.
Les
démences dégénératives
Il
s'agit d'un groupe d'affections chroniques, de début insidieux et
d'évolution lentement progressive, d'étiologie inconnue, caractérisées
par la dégénérescence des cellules nerveuses. Leur classification
repose essentiellement sur des données neuropathologiques.
La
maladie d'Alzheimer
La
maladie d'Alzheimer est la plus fréquente des démences dégénératives.
Elle représente environ 65% des cas. Elle est caractérisée par deux
types de lésions : des plaques séniles extraneuronales constituées
de dépôts de protéine bêta-amyloïde et des dégénérescences neuro-fibrillaires
à l'intérieur des neurones. Mais d'autres affections dégénératives
ont été décrites plus récemment, comme les démences à corps de Lewy
et les démences fronto-temporales. Ce sont des causes fréquentes
de démence chez le sujet âgé.
La
démence à corps de Lewy
La
démence à corps de Lewy (DCL) a été identifiée il y a une quinzaine
d'années seulement. Elle est caractérisée par la présence de nombreux
" corps de Lewy " dans le cortex cérébral et le tronc cérébral (les
corps de Lewy sont des inclusions neuronales cytoplasmiques caractéristiques
de la maladie de Parkinson). La DCL représenterait la deuxième cause
de démence du sujet âgé après la maladie d'Alzheimer, soit plus
de 20% des cas rencontrés.
Les
critères cliniques de diagnostic de la DCL ont fait l'objet d'un
consensus international en 1996. La DCL est caractérisée par la
survenue d'épisodes démentiels fluctuants et d'hallucinations visuelles
récidivantes. D'autres symptômes complètent généralement le diagnostic
: chutes répétées, syncopes, pertes de connaissance brèves, sensibilité
aux neuroleptiques, idées délirantes.
Le diagnostic de DCL peut être lourd de conséquences thérapeutiques
: les neuroleptiques sont formellement contre-indiqués car ils peuvent
entraîner des aggravations spectaculaires des patients.
Les
démences fronto-temporales
On
regroupe sous le terme de démences fronto-temporales (DFT) trois
entités de symptomatologie commune : la maladie de Pick, la dégénérescence
fronto-temporale et la démence frontale. Elles représenteraient
environ 20% des démences dégénératives.
La
DFT est avant tout une démence comportementale, à la différence
de la maladie d'Alzheimer qui est une démence cognitive. Les symptômes
comportementaux restent prédominants tout au long de l'évolution
de la maladie.
- Le
patient est souvent plus jeune que dans la maladie d'Alzheimer
(55 ans en moyenne) et on retrouve un antécédent familial dans
la moitié des cas.
- Le
début est insidieux, caractérisé par des modifications du comportement
et de la personnalité : négligence physique, perte des convenances
sociales, désinhibition gestuelle et verbale, rigidité mentale,
hyperoralité, stéréotypies gestuelles, comportement d'utilisation,
distractibilité, impulsivité.
- Des
troubles affectifs y sont associés : anxiété, apathie, dépression,…
- Le
discours s'appauvrit progressivement et évolue vers un mutisme.
- Le
traitement des DFT repose sur la prise en charge des troubles
du comportement.
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