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Faire
face aux troubles du comportement
Les changements
de comportement du patient sont les manifestations de la maladie
d'Alzheimer les plus difficiles à supporter pour l'entourage familial.
Ils aboutissent souvent à un épuisement psychologique et physique
des proches et conduisent souvent au placement en institution. Nous
vous proposons ici un dossier thématique qui leur est consacré.
Il vous présente les troubles les plus fréquents et les moyens pratiques
d'y faire face.
1/
L'incapacité à reconnaître les personnes et identifier les objets.
2/ L'aggressivité
3/ Les cramponnements et les poursuites
4/ Les comportements embarrassants et déplacés
5/ La perte des objets
6/ Les questions répétitives
7/ Les comportements sexuels déplacés
8/ L'insomnie
9/ Les errances
1/ L'incapacité
à reconnaître les personnes et identifier les objets.
Si la personne
malade éprouve des difficultés à identifier les autres personnes
et les objets, vous incriminerez les troubles de la mémoire, un
peu de confusion ou une vue défaillante. Il faut envisager une autre
explication : le cerveau de la personne malade ne réussit pas à
traiter l'information fournie par les sens. On donne à ce phénomène
le nom d'agnosie : la personne malade ne reconnaît pas exactement
les autres personnes et elle utilise les objets usuels de façon
inadaptée. Ainsi, elle mettra une branche des lunettes qu'elle tient
à la main dans le trou de la serrure ou ne saura plus à quoi servent
ses couverts. La vie quotidienne de la personne est plus difficile.
Elle ne reconnaît pas toujours ses proches, elle se sent seule et
elle a peur. Face à ce comportement étrange, l'entourage s'inquiète
et souffre. Vous êtes capable pourtant, vous, d'aider la personne
concernée à comprendre l'identité des autres, à maîtriser la fonction
des objets et la façon de s'en servir.
Faire face
à l'incapacité à reconnaître les personnes et les objets
Avant tout,
essayez d'offrir votre aide sans attirer l'attention sur les erreurs.
Si la personne se trompe d'objet, le plus simple est de lui donner
l'objet approprié, de lui expliquer et de lui montrer comment on
l'utilise, sans attirer l'attention sur l'erreur. Si elle n'accepte
pas votre explication, il ne faut pas insister. Si la parole est
inefficace, aidez la personne à retrouver le geste qui convient
à l'objet : une fois ce geste " initié ", elle continue par elle-même
machinalement. Si la personne malade ne reconnaît plus une autre
personne ou si elle mélange les noms, ne soyez pas tenté de la reprendre
: vous risquez d'attirer inutilement l'attention sur une erreur,
d'autant plus que la personne va probablement tout oublier aussitôt
après. Il est préférable de respecter sa vision des choses et de
prêter attention à ce qu'elle essaie de dire. Si elle ne reconnaît
personne, elle peut se sentir effrayée ou inquiète, rassurez-la.
En effet, si la personne ne reconnaît pas ses proches, elle se voit
entourée d'étrangers et n'est pas confiante. En soulignant les particularités
d'un objet ou celles d'une personne, sa voix par exemple, vous créerez
tout un ensemble de repères rassurants. Ne soyez pas blessé si la
personne malade ne vous reconnaît pas, mais rassurez-la plutôt.
Vous vous sentirez blessé que la personne malade ne vous reconnaisse
plus, mais pensez qu'elle ne vous a pas oublié et qu'elle ne vous
rejette pas. À sa façon, elle vous donnera de nombreux autres témoignages
de tendresse et d'affection.
2/ L'aggressivité
Parfois, les
personnes atteintes de maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée
réagissent d'une façon agressive, que ce soit verbalement ou physiquement.
L'agressivité verbale semble être la plus répandue. Vous serez choqué
et vous aurez des difficultés à l'accepter. Pensez que l'agressivité
découle de la maladie plutôt que du caractère de la personne. Nul
n'est épargné. Même une personne au caractère doux peut être agressive
un jour ou l'autre. Bien des raisons possibles expliquent un comportement
agressif, comme la frustration et l'anxiété. Mais d'habitude il
est provoqué par la peur, une réaction de défense naturelle face
à une situation où la personne se sent menacée. Vous n'éviterez
pas toujours un tel comportement, mais il est prudent de réfléchir
sur la façon d'en limiter les conséquences pour la personne malade,
pour vous-même et pour les autres. Autant que faire se peut, essayez
aussi de réfléchir après coup sur la cause qui a pu susciter un
débordement de violence ou une hostilité.
Faire face
à un comportement agressif
Restez calme
et rassurant Il vaut mieux garder son calme, pour ne pas perdre
le contrôle de la situation. Ce ne sera certainement pas facile,
surtout si la personne malade se met à crier et vous menace. Rappelez-vous
que ses paroles et ses actions ne vous visent pas personnellement,
elles sont liées à la maladie. La personne se sent probablement
aussi fâchée ou effrayée que vous-même. Votre rôle est de la rassurer.
Vous y parviendrez peut-être par la parole, par des gestes apaisants
et, si elle s'en inquiète, en lui expliquant ce qui se passe.
- Proposez
une activité
Vous pouvez
désarmer l'agressivité d'une personne en lui offrant une activité
qui lui plaît habituellement, comme d'aller boire quelque chose
ou de se promener un peu.
- Veillez à
votre propre sécurité
Les personnes
malades ont des comportements bien plus étranges que vous ne l'imaginez,
surtout quand elles se sentent menacées ou si elles sont énervées.
Vous devez donc disposer d'un moyen de fuir et l'utiliser en cas
de besoin. Un spécialiste vous apprendra à vous libérer au cas où
la personne vous serre trop. Cela vous donnera confiance en vous
et vous aidera à garder votre calme. Si vous effectuez ce mouvement
en douceur, il se transformera même en un geste de soin. Vous ne
devez pas vous sentir coupable en veillant à votre propre sécurité,
car si vous ne réussissez pas à rassurer ou à distraire la personne,
vous ne pourrez plus faire grand-chose. En quittant la pièce, vous
donnerez à la personne malade le temps et l'espace voulus pour se
calmer, et vous resterez capable de poursuivre votre aide. Vous
ne pourriez plus le faire si vous étiez blessé. Il vaut mieux prévenir
les visiteurs en leur expliquant que la personne peut se montrer
agressive et que ce ne sera pas de leur faute si cela arrive.
Parlez de ce
qui s'est produit et informez le médecin
Après un incident
causé par l'agressivité, il vaudra mieux en parler à une personne
de confiance. Même si vous pensez avoir bien géré cette situation
de violence, elle peut vous avoir fortement marqué. Une phrase ou
un geste de la personne malade vous tracasseront continuellement,
ou vous appréhenderez le retour de pareilles scènes. Un incident
de ce genre réveille même des souvenirs pénibles d'expériences personnelles
antérieures sans aucun rapport direct avec l'événement. Si le problème
devient incontrôlable ou si vous avez peur, n'hésitez pas à consulter
un médecin. Il vous conseillera et prescrira des médicaments s'il
y a lieu.
3/ Les cramponnements
et les poursuites
Si la personne
atteinte de maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée s'accroche
à vous et vous suit en permanence, votre patience atteindra ses
limites. La personne exige une attention continue et vous êtes privé
de tout moment d'intimité. Si la personne guette vos moindres mouvements,
vous n'arriverez pas à vous détendre. La personne malade vit dans
un monde dont le sens lui échappe. Vous êtes sans doute son seul
repère stable : elle ne veut pas vous perdre de vue. Aménagez-vous
des moments de répit. Trouvez des solutions pour que la personne
malade se sente en sécurité pendant votre absence.
Faire face
aux cramponnements et aux poursuites
Rassurez la
personne malade en lui disant que vous reviendrez dans peu de temps
La personne malade doit être rassurée, avec des mots qu'elle peut
comprendre, sur votre retour et le moment de votre retour. Comme
sa perception du temps est erronée, elle ne comprend pas forcément
: pour elle, cinq minutes sont aussi longues que cinq heures. Arrangez-vous
pour que quelqu'un reste auprès de la personne pendant votre absence.
Si vous trouvez quelqu'un à qui la personne malade fait confiance,
vous aurez plus de chances qu'elle vous laisse partir sans vouloir
vous suivre. Vous ne devez pas vous sentir coupable ou égoïste en
agissant ainsi. Vous avez le droit de vous accorder du temps libre,
veillez à l'obtenir. On ne dispose pas partout d'un accueil de jour,
mais des voisins ou des amis seraient prêts à vous aider de temps
à autre. Efforcez-vous de le leur demander.
- Trouvez-lui
une occupation
Détournez l'attention
de la personne par une activité simple qu'elle accomplit volontiers
seule. L'utilité de la tâche et la qualité de l'exécution sont secondaires.
Elle ne s'accrochera plus à vous pendant ce temps. Votre patience
sera cependant mise à l'épreuve si votre mari cire les chaussures
toute la journée ou si votre mère repasse la même chemise pendant
deux heures… Si le problème persiste et si vous pensez que la personne
a peur, parlez-en à votre médecin.
4/ Les comportements
embarrassants et déplacés
"Un jour, alors
que nous nous trouvions dans un supermarché, mon père s'est placé
près d'une dame et a montré un pot de miel qu'elle tenait dans la
main, en disant : " Hum, c'est du miel. C'est bon ! " J'étais gênée
par la façon dont mon père avait abordé cette femme que je ne connaissais
pas. La dame lui a répondu : " Oui, c'est du miel, et il est doux
comme vous ". À cet instant-là, j'ai compris que les normes sociales
étaient sans importance, que seule la sensibilité comptait et que
je pouvais emmener mon père partout."
Parfois, la
personne atteinte de maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée
se comporte d'une façon qui semble totalement inadaptée, ou bien
elle agit d'une façon vraiment étrange. Ce comportement dérangera
ou embarrassera sans doute les personnes présentes. Un effet du
développement des lésions cérébrales est ce qu'on appelle la levée
des inhibitions, et la personne malade ignore le respect des convenances,
ce qui n'est pas de sa part un manque d'éducation. Parallèlement,
elle devient désorientée ou essaie vainement de communiquer. Le
comportement déplacé de la personne malade met en difficulté surtout
les aidants. Pour affronter cette situation, il faut accepter d'être
aux prises avec ses propres émotions. En essayant de comprendre
ce comportement, vous éviterez que la personne malade se trouve
en situation de choquer ou d'offenser les gens. Il n'est pas toujours
possible de prévenir un comportement embarrassant ou déplacé, mais
la plupart des gens ne seront pas offensés si vous leur expliquez
que c'est un effet de la maladie.
Faire face
à un comportement embarrassant ou déplacé
- Restez calme
et essayez de ne pas réagir de façon trop vive.
La personne
malade ne s'inquiétera pas forcément d'un comportement que vous
jugez embarrassant ou déplacé. Mais elle sera surprise et troublée
par des reproches ou des critiques qu'elle trouvera injustes, et
elle y répondra par une réaction exagérée ou un comportement agressif.
Il vaut donc mieux garder votre calme et ne pas vous montrer choqué.
- Essayez d'éloigner
la personne calmement ou offrez-lui une distraction
Un comportement
déplacé est particulièrement embarrassant si vous êtes dans un lieu
public ou en compagnie d'autres personnes. Vous vous sentirez gêné
sous le regard des autres et vous craindrez que la personne malade
ne soit choquante et ridicule. Dans ce cas-là, il suffira de vous
éloigner avec elle. Mais veillez à ce qu'elle ne ressente pas votre
intervention comme une brimade humiliante. En effet, si la personne
ne réalise pas que son comportement est déplacé ou si elle ne comprend
pas ce que vous voulez lui dire, elle peut s'opposer à tout. Essayez
de détourner son attention. Vous pourriez lui suggérer une activité
qu'elle aime bien, lui proposer à boire, l'emmener ailleurs ou entreprendre
quelque chose avec elle.
- Est-il vraiment
indispensable de mettre fin à ce comportement ?
Même si le comportement
est embarrassant ou déplacé, il n'est peut-être pas obligatoire
de le faire cesser. La gêne vient en partie de ce que les autres
ne comprennent pas pourquoi la personne malade se comporte ainsi.
En les informant à l'avance, vous permettez à tous, y compris vous-même,
de se sentir moins mal à l'aise dans une situation de ce genre.
Discutez de
votre embarras avec d'autres personnes ayant fait des expériences
semblables. Il
est utile de discuter de votre embarras avec d'autres personnes
qui ont fait des expériences semblables et qui comprennent donc
ce que vous ressentez. Si vous parlez de vos sentiments, votre gêne
s'en trouvera diminuée. Et, qui sait, vous verrez même le côté amusant
de la situation.
Prévenir
un comportement embarrassant ou déplacé
Cherchez à
repérer une situation type qui indique les causes du comportement
Rappelez-vous des scènes déjà vécues où la personne se comportait
d'une façon manifestement étrange. Vous reconnaîtrez peut-être des
circonstances particulières, la présence de certaines personnes
ou une heure précise. Tentez de repérez une situation qui se répète
et qui explique le comportement bizarre. Si vous découvrez que ce
comportement est souvent suivi d'incontinence, cela peut être le
moyen par lequel la personne veut vous faire comprendre qu'elle
doit se rendre aux toilettes. En revanche, si vous avez des invités
et qu'elle se précipite sur un objet pour le garder jalousement
pendant toute la durée de leur présence, elle a simplement peur
que quelqu'un l'emporte. Les troubles de mémoire et les difficultés
de communication donnent un aspect étrange à des réactions par ailleurs
normales. Si vous connaissez une raison qui explique cette situation
étrange, vous serez moins embarrassé et vous saurez y mettre fin
ou la prévenir carrément.
5/ La perte
des objets
Les personnes
atteintes de maladie d'Alzheimer ou de maladies apparentées croient
souvent avoir perdu leurs affaires et sont inquiètes tant qu'on
ne les a pas retrouvées ; elles ont oublié où elles ont mis l'objet
ou qu'elles l'ont donné à quelqu'un. À l'origine, elles l'ont peut-être
caché par peur qu'on le leur vole, et ensuite elles ont tout oublié.
Si la personne souffre d'incontinence, elle peut chercher à cacher
des sous-vêtements souillés parce qu'elle éprouve de la gêne. Il
se peut d'ailleurs que l'objet perdu n'existe pas du tout, ou bien
il s'agit d'un souvenir tenace du passé et de pertes symboliques
causées par la maladie. Ces incidents répétés sont une source de
graves inquiétudes pour les personnes malades, mais ils se répercutent
de façon pénible sur l'entourage, en particulier lorsqu'on se trouve
accusé de vol. Vous pouvez vous sentir ébranlé de vous voir accusé
de vol par un parent, un conjoint ou un ami. C'est pour cette raison
qu'il vaut mieux chercher tout de suite l'objet perdu, si possible,
et rassurer la personne malade, mais il faut également vous occuper
de vos propres émotions et de celles des personnes qui sont troublées
ou attristées par ces fausses accusations.
Faire face
à la perte ou à la dissimulation d'objets et aux fausses accusations
Rassurez la
personne malade et aidez-la à retrouver les objets égarés La personne
malade peut être terriblement inquiète et accuser quelqu'un de l'avoir
volée. Rassurez-la en lui disant que vous retrouverez ce qui a été
perdu et qu'il n'y a pas de voleurs dans la maison. Il suffira sans
doute que l'objet réapparaisse pour résoudre le problème. Il importe
également de rester calme, afin d'éviter une réaction exagérée.
- Essayez de
ne pas vous sentir personnellement visé
Il est difficile
de ne pas se sentir offensé ou personnellement visé par une accusation.
Vous devez vous rappeler que la personne malade ne veut pas vous
offenser et que son comportement résulte tout simplement de sa maladie.
On peut éventuellement comprendre l'origine de ces fausses accusations
: la personne croit qu'elle a rangé un objet dans un endroit, mais
elle a oublié qu'elle l'a déplacé ou qu'elle l'a donné à quelqu'un.
Pour elle, l'objet a donc été enlevé ou volé. La personne peut être
plus méfiante qu'elle ne l'était avant le début de la maladie et
elle sera facilement prête à croire qu'on la vole.
Prévenir
les problèmes liés à la perte et à la dissimulation d'objets
- Repérez les
endroits où les objets sont rangés d'habitude et ceux où ils sont
souvent cachés Repérez les endroits où la personne malade dépose
ou cache ses affaires. Vous découvrirez peut-être que les objets
se retrouvent tous au même endroit. Chaque fois que la personne
se plaindra d'avoir été volée ou d'avoir perdu quelque chose, vous
saurez où engager des recherches. En fermant à clé les tiroirs et
les armoires, si la personne le supporte, vous réduisez le nombre
de cachettes possibles et accélérez la recherche lorsqu'un objet
a été égaré. N'oubliez pas que la personne malade pourrait placer
des objets dans des endroits inattendus : il vaut donc mieux contrôler
les corbeilles à papier et le panier à linge avant de les vider,
ainsi que le réfrigérateur.
- Prévoyez en
double les objets importants
Il est possible
que la personne perde vraiment quelque chose de temps à autre. Pour
éviter problèmes et inquiétudes, vous pourriez vous procurer le
double d'objets importants, comme les clés, les lunettes, certains
documents.
- Cherchez les
provisions cachées
Il ne s'agit
pas d'un phénomène exceptionnel si une personne malade cache et
accumule des provisions de nourriture : elle craint de se les faire
voler. Contrôlez régulièrement les cachettes préférées où les aliments
peuvent pourrir, dégager de mauvaises odeurs et constituer un risque
pour la santé.
- Avertissez
les autres personnes à l'avance, pour qu'elles ne se sentent pas
personnellement visées
Les aidants
qui ne sont pas informés sur la maladie et ses conséquences seront
contrariés et vexés de se voir accusés de vol, en particulier les
membres de la famille ou les amis de la personne malade. Il vaut
mieux leur expliquer pourquoi ils n'ont pas à se sentir visés. Vous
atténuerez le choc de ces accusations injustes : ils en seront moins
offensés, moins attristés.
6/ Les questions
répétitives
Lorsque quelqu'un
vous pose continuellement la même question, vous êtes prêt à croire
qu'il essaie délibérément de vous énerver. Mais ce n'est certainement
pas le cas pour une personne atteinte de maladie d'Alzheimer ou
de maladies apparentées. Elle oublie simplement qu'elle a déjà posé
la question ou qu'elle a obtenu la réponse. Ou bien la question
traduit son besoin d'être rassurée sur un point qui la tracasse.
Ces questions répétées sont extrêmement fatigantes et irritantes
pour vous, et frustrantes pour la personne qui attend en permanence
une réponse et n'est jamais satisfaite.
Faire face
aux questions répétitives
- Noter la réponse
et attirer l'attention de la personne lorsqu'elle pose la question
Vous verrez
vous-même si la réponse que vous donnez résout le problème. Mais
au lieu de répéter continuellement la même réponse, vous pourrez
la noter et la montrer à la personne malade. N'oubliez pas pourtant
que sa capacité de lire va se ralentir avec le temps et que ces
notes ne seront pas toujours utiles. Pour vous, c'est sans doute
un soulagement, mais les questions répétitives sont souvent un signe
d'anxiété ou d'insécurité, et lui écrire les réponses ne suffira
pas forcément à rassurer la personne.
- Rassurez la
personne tout en lui répondant
La personne
malade pourra vous demander sans fin l'heure qu'il est. Peut-être
craint-elle d'arriver en retard à un rendez-vous. Il est primordial
de la rassurer en lui disant qu'elle n'arrivera pas en retard, le
fait de connaître l'heure exacte n'étant pas essentiel. Il sera
plus efficace de rassurer la personne en lui disant que vous veillerez
à ce qu'elle arrive à l'heure que de lui rappeler constamment l'heure
exacte.
- Ignorez la
question et interrompez la situation
Si toutes ces
suggestions échouent, il vous restera la solution d'ignorer la question
tout simplement. La personne saisira peut-être qu'elle n'aura pas
de réponse et s'arrêtera de vous questionner. Tantôt cette façon
d'agir se révèle efficace, tantôt elle provoque de la colère. Si
rien ne réussit, vous débloquerez la situation en quittant la pièce,
ne serait-ce que pour quelques minutes.
7/ Les comportements
sexuels déplacés
"Alors que nous
nous trouvions en compagnie d'autres personnes, ma sœur a saisi
le bord de sa jupe et l'a relevée jusqu'au-dessus de ses épaules.
Elle ne semblait pas embarrassée du tout. J'étais sur le point de
lui faire une remarque, quand j'ai réalisé qu'elle semblait avoir
froid. Je lui ai remis une veste, elle a lâché sa jupe et posé la
veste sur ses épaules."
Les personnes
atteintes de maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée ne
sont pas spécialement prédisposées à avoir un comportement sexuel
déplacé. Si cela se produit, vous craindrez peut-être qu'il ne s'agisse
que d'un début. Ce n'est généralement pas le cas. Ce comportement
peut avoir pour cause la confusion ou la désorientation, sans rapport
direct avec la sexualité. Un comportement à caractère sexuel peut
résulter de la perte du sens de l'interdit, du manque de possibilité
d'une expression sexuelle, de la confusion entre deux personnes,
ou du besoin de contact physique, de proximité et de sécurité. Vous
pouvez toutefois en être embarrassé et trouver difficile d'affronter
cette situation. Pour bien des gens, il s'agit d'un sujet tabou.
Un comportement sexuel déplacé constitue souvent un problème pour
les aidants, alors que la personne malade ne se voit pas agir de
façon indécente ou déplacée. Même choqué, il vous faut éviter que
d'autres personnes ne soient gênées.
Faire face
à un comportement sexuel déplacé
- Restez calme
et essayez de ne pas vous montrer choqué ou gêné
Face à un comportement
sexuel déplacé, vous devez essayer de garder votre calme. Vous pouvez
être choqué, mais rappelez-vous qu'il s'agit d'une conséquence de
la maladie et que la personne malade n'a pas l'intention, elle,
d'être impudique. Elle ne se rend pas compte de ses gestes, parce
qu'elle a perdu sa retenue et qu'elle a oublié ce qu'implique un
comportement convenable.
- La masturbation
en public
Une personne
malade qui se masturbe en public peut avoir perdu sa réserve et
sa pudeur ou avoir oublié les conventions qui veulent que ce soit
fait dans l'intimité. Elle agit par pur plaisir. Mais pour éviter
que d'autres personnes ne soient scandalisées, essayez de la persuader
de faire autre chose, de la distraire ou de lui donner un objet
à manipuler, comme un mouchoir. Si vous échouez, essayez d'éloigner
la personne et de l'emmener ailleurs, sans exercer une contrainte
qui entraînerait une réaction violente.
- Que faire
si la personne malade fait des avances sexuelles déplacées
Essayez de rester
calme et doux. Faites comprendre à la personne que ses avances ne
sont pas appréciées, en lui suggérant qu'elle a sans doute commis
une erreur. Ne vous sentez pas personnellement visé par ses avances
et gardez-vous de penser que vous y êtes pour quelque chose. Ce
comportement résulte de la maladie et vous ne l'avez pas provoqué.
La personne malade vous aura confondu avec quelqu'un d'autre. Un
homme malade peut donc confondre sa fille avec sa femme, parce que
sa fille ressemble à sa femme lorsqu'elle était jeune et qu'il se
souvient très bien de son épouse dans la fleur de l'âge. Si la personne
fait des avances déplacées, il est prudent d'en parler à un interlocuteur
auquel vous faites confiance. Car même si vous avez réussi à gérer
la situation, vous ne serez peut-être pas conscient d'être profondément
affecté.
- Cherchez à
trouver une explication possible à ce comportement
Il existe souvent
une explication simple à un comportement qui semble d'ordre sexuel.
Il peut s'agir de la seule façon de communiquer un besoin ou de
faire face à une situation particulière. Si vous réussissez à ne
pas être distrait ou dérangé par ce type de comportement, vous comprendrez
ce dont la personne a besoin. Ce que vous pouvez prendre pour de
la masturbation peut être une tentative pour se débarrasser de ses
vêtements avant d'aller aux toilettes : une femme qui relève sa
jupe ou un homme qui ouvre sa braguette. Cela vous paraît indécent,
alors que la personne a seulement trop chaud et essaie de se rafraîchir
un peu. Une infection des voies urinaires peut facilement provoquer
des démangeaisons. Les attouchements intimes peuvent exprimer un
besoin de sécurité et de contact humain.
8/ L'insomnie
Il arrive que
des personnes atteintes de maladie d'Alzheimer ou d'une maladie
apparentée souffrent d'insomnie. Elles s'ennuient et risquent de
réveiller ceux qui ont besoin de leur sommeil. Elles peuvent récupérer
leur sommeil au cours de la journée suivante, mais ce n'est pas
le cas pour ceux qui se rendent au travail ou à l'école. La santé
et le bien-être général de toute la famille sont en péril, ce qui
se répercute sur la qualité de l'aide et des soins que vous pouvez
apporter. S'occuper de l'insomnie et des errances nocturnes donne
les moyens de retrouver un sommeil réparateur et augmente les chances
de faire dormir la personne malade. Ce ne sera pas toujours possible,
et il vous faudra trouver comment réduire les dangers des déplacements
nocturnes et augmenter le confort de la personne au cours des nombreuses
heures qu'elle passera seule et éveillée.
Faire face
à l'insomnie et aux errances nocturnes
- Renforcez
la sécurité de l'environnement
Installez une
barrière de sécurité et interdisez l'accès à la cuisine Si la chambre
à coucher de la personne se trouve à l'étage, il vaut mieux installer
une barrière de sécurité en haut des escaliers. Cela l'empêchera
de descendre seule en pleine nuit et il vous sera plus facile de
l'entendre bouger ou appeler à l'aide, si elle ne s'éloigne pas
trop de l'endroit où vous dormez. Si vous ne pouvez pas monter une
barrière de sécurité, ou si la cuisine se trouve au même niveau
que la chambre à coucher, il serait prudent de fermer à clé la porte
de la cuisine avant d'aller vous coucher. La cuisine est un endroit
dangereux pour la personne malade, en particulier si elle n'est
pas surveillée.
- Verrous, lumières
Veillez à ce
que toutes les portes donnant sur l'extérieur du logement soient
verrouillées. À l'intérieur, une installation complémentaire vous
permet de limiter l'accès à certaines pièces la nuit. Vous pourriez
ainsi bloquer toutes les portes à l'exception de celles des toilettes
et du séjour, et garder la lumière allumée dans ces pièces tout
comme sur le trajet menant vers la chambre à coucher de la personne
malade.
- Détecteurs
Il existe différents
systèmes qui vous permettent de savoir que la personne vient de
se lever ou qu'elle a quitté la pièce. Grâce à de telles installations,
vous n'êtes plus obligé de veiller inutilement et elles ne portent
pas atteinte à l'intimité de la personne. Ces appareils, faciles
à installer, sont d'un prix abordable. La plupart détectent les
mouvements par des systèmes impliquant la pression, le magnétisme
ou un rayon de lumière, d'autres amplifient les sons.
Prévenir
l'insomnie et les errances nocturnes
- Le jour, limitez
les périodes de sommeil et maintenez l'activité de la personne
Les petits
sommes dans la journée réduisent les chances d'un bon sommeil nocturne.
Une personne malade dort davantage en plein jour si elle s'ennuie,
si elle manque d'activité ou si elle a mal dormi la nuit précédente.
On peut l'aider en lui proposant des activités et en prévoyant seulement
une sieste au cours de la journée. Ce sera plus facile si vous recourez
aux services d'un foyer de jour, où la personne sera occupée pendant
toute la journée. L'activité physique et l'air frais favorisent
aussi le sommeil.
- Les causes
particulières de l'insomnie ou des errances nocturnes
Si la personne
malade prend des tranquillisants, cela peut compliquer le problème
des errances. Avec une dose insuffisante, la personne se met à errer
dans un état second, en n'étant ni complètement endormie ni complètement
éveillée. Une dose trop forte entraîne des assoupissements et une
confusion accrue pendant la journée, et même la bonne dose augmente
la probabilité d'incontinence nocturne. Bien sûr, si vous avez besoin
de sommeil, vous serez obligé de demander à votre médecin s'il lui
est possible de prescrire des tranquillisants. Bien des personnes
malades ne font pas la distinction entre le jour et la nuit. Veillez
à ce que la chambre soit bien obscure la nuit, et posez éventuellement
des rideaux lourds et bien foncés. Vous éviterez que la personne
malade se rhabille en pleine nuit en enlevant de la chambre les
vêtements du jour. Créez et entretenez des rituels autour du lever
et du coucher pour installer une habitude agréable. La personne
dormira probablement mieux si elle se sent à l'aise. Veillez donc
à ce qu'elle n'ait ni trop chaud ni trop froid, que son lit soit
bien fait, que le matelas soit confortable et que la fenêtre soit
ouverte ou fermée, selon ses préférences.
- Proposez une
boisson qui favorise le sommeil
Une boisson
lactée peut aider la personne malade à s'endormir et ne devrait
pas provoquer d'incontinence. Évitez pourtant les boissons excitantes,
par exemple le café, le chocolat chaud et le thé.
- Contactez
le médecin, si vous pensez que la personne malade est déprimée
Chez une personne
déprimée, le sommeil est souvent interrompu. Si vous pensez que
la personne malade est déprimée, ce qui se présente souvent tout
au cours de la maladie, vous devriez consulter le médecin.
9/ les errances
Chez les personnes
atteintes de maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée, le
phénomène des errances n'est pas inhabituel. Les uns déambulent
dans leur maison, et les autres veulent sortir. Il y en a même qui
se mettent à errer en pleine nuit, alors que tout le monde dort.
Contrairement à une opinion très répandue, les errances ont généralement
un but, mais les personnes malades peuvent oublier où elles vont
et ce qu'elles étaient en train de faire ou alors elles sont incapables
de l'expliquer. Une fois parties, les personnes malades peuvent
s'effrayer en constatant qu'elles sont perdues. Les errances ont
un grand nombre de causes, comme l'ennui, l'inconfort, la désorientation,
les problèmes de mémoire. Il est stressant et physiquement fatigant
de tenir une personne sous surveillance et de vous faire du souci
pour sa sécurité. Le danger dépend dans une certaine mesure de l'endroit
où vous vivez : il y a certes une différence entre un voisinage
tranquille et assez sûr, et une grande ville animée. Mais partout,
vous serez confronté au même problème. D'un côté vous voulez que
la personne garde son indépendance, et de l'autre vous voulez vous
assurer qu'elle n'est exposée à aucun danger.
Faire face
aux errances
Évitez les conflits,
le recours à la contrainte physique ou aux réprimandes Si la personne
essaie de quitter la maison malgré vous, il vaut mieux éviter un
conflit et le recours à la contrainte physique. Vous pourriez déclencher
l'agressivité ou une réaction exagérée de la personne. Le mieux
consiste à créer une diversion. Proposez une activité agréable,
comme de boire une tasse de thé ensemble. Si la personne insiste
pour sortir, vous l'accompagnerez et, quand vous serez au-dehors,
vous essaierez de la distraire et de la faire rentrer.
- Ne vous affolez
pas
Ne soyez pas
pris de panique et ne vous faites pas de reproche, si vous constatez
que la personne a pu sortir inaperçue. Vous ne pouvez la surveiller
à longueur de journée. Commencez vos recherches dans votre quartier,
en demandant l'aide de voisins et d'amis. Avertissez la police locale,
si vous ne retrouvez pas tout de suite la personne malade.
- Évitez les
médicaments
Évitez les médicaments
dans la mesure du possible. La dose nécessaire pour réduire les
errances va probablement provoquer des effets secondaires comme
la somnolence, une confusion accrue et éventuellement de l'incontinence.
Mais il est possible qu'un médecin découvre une source d'inconfort
ou de douleur qui provoque ce besoin de bouger. Bien des personnes
agissent ainsi lorsqu'elles éprouvent de la douleur.
- Prévenir
les errances ou éviter qu'elles ne tournent mal
Veillez à ce
que la personne reste active et prenez des dispositions pour sa
sécurité Vérifiez la sécurité de votre environnement, pour que la
personne malade puisse s'y promener. Si vous disposez d'un jardin
entouré d'une clôture, elle pourra y prendre l'air. Sinon, vous
aménagerez une zone dans votre maison ou votre appartement, où elle
pourra se promener en toute sécurité. Elle a besoin de dépenser
son énergie. Si tel est le cas, l'existence d'un lieu de promenade
assez sûr réduira la fréquence des départs. Une autre solution consiste
à prévoir des promenades régulières avec la personne, à en charger
un ami ou un bénévole. Vous pourrez même associer cette promenade
à une tâche quotidienne, comme faire les courses ou sortir le chien.
En effet, beaucoup d'errances sont liées à l'ennui.
- Essayez de
repérer les constantes de ces errances
Il est prudent
de noter les circonstances et l'heure où la personne est sujette
aux errances. Vous réussirez peut-être à dégager des constantes.
S'il en est ainsi, vous pourrez éventuellement en prévenir la répétition,
en distrayant, en rassurant ou en aidant la personne malade.
Voici quelques
causes possibles :
- les souvenirs tenaces du passé : les souvenirs de vieilles habitudes
peuvent se mêler au présent, lorsque la personne pense qu'elle fait
sortir le chien, alors que vous n'en avez plus depuis longtemps.
Elle peut aussi partir à la recherche de vieux amis ou d'une maison
habitée auparavant, la maison de son enfance notamment, et parcourir
une distance considérable ;
- se perdre : la personne peut chercher une pièce précise, par exemple
les toilettes - les erreurs : à la suite d'une erreur, la personne
malade peut se mettre à la recherche d'un objet, qui existe ou qui
n'existe pas, comme une valise ou un livre ;
- la faim, la soif, la douleur ou l'inconfort : la personne ne se
rend pas toujours compte de ses sensations et elle ne peut pas toujours
les communiquer à autrui. Elle peut avoir faim ou soif, éprouver
des douleurs ou avoir besoin d'aller aux toilettes, sans pourtant
le savoir. Vous finirez peut-être par découvrir qu'elle a eu des
douleurs pendant un certain temps, sans toutefois le réaliser ou
être capable de l'exprimer. Il vaut mieux consulter un médecin,
si vous ne trouvez aucune explication pour les errances et si vous
pensez que la personne souffre d'inconfort ou de douleurs.
- Maintenez
un environnement stable et offrez votre assistance en dehors de
cet environnement familier
Essayez de ne
pas procéder à trop de changements au domicile de la personne. Même
des changements apparemment mineurs suffisent à rendre une pièce
ou une maison méconnaissables pour une personne malade. Lorsqu'il
s'agit de s'installer dans un nouvel environnement, comme un autre
domicile ou le foyer de jour, les errances sont une réaction habituelle.
Si la personne vient de déménager, elle peut passer par une phase
transitoire au cours de laquelle elle se sentira incertaine et désorientée.
Elle devra éventuellement être rassurée ou aidée avant de se débrouiller.
Avec le temps, ces errances finiront généralement par disparaître.
- Recherchez
l'aide des amis et des voisins
Il vaut mieux
dire aux amis et aux voisins que la personne est sujette aux errances
et les prier de garder un œil sur elle. On réduit ainsi le risque
que la personne s'éloigne trop de son domicile.
- Prévoyez un
moyen d'identification et des photos
Veillez à ce
que la personne ait toujours une pièce d'identité sur elle, et éventuellement
un message ou votre adresse. Vous pourriez placer cette information
dans le sac d'une dame ou dans la poche du veston d'un homme. Mais
un homme peut sortir sans son veston et une dame sans son sac. Une
solution consiste à coudre une étiquette dans les vêtements de la
personne. Vous pouvez aussi lui faire porter un bracelet d'identité
avec ses nom, adresse et numéro de téléphone, ou votre adresse et
votre numéro, si elle habite avec vous. Soyez toujours en possession
d'une photo récente. Vous pourriez en avoir besoin s'il vous faut
contacter la police et la presse ou si vous devez interroger les
habitants du voisinage, les chauffeurs de taxi ou de transports
en commun. Pour ne pas être pris au dépourvu, dressez à l'avance
la liste des numéros de téléphone dont vous aurez besoin pour collecter
des informations et alerter les autorités.
(Pour l'essentiel,
ces informations ont été collectées sur le site : http://www.alzheimer-europe.org).
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