|
Mouvements
incontrôlés, crises convulsives et perte de coordination
Les crises convulsives
Une crise convulsive
est provoquée par une décharge de l'activité électrique dans les
cellules du cerveau. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une
crise d'épilepsie et cela n'annonce pas une complication, mais il
faut le considérer uniquement comme une conséquence de la maladie.
L'événement est spectaculaire et pénible, mais rarement dangereux.
Ce n'est pas une " crise de folie ", comme le pensent certains témoins.
Le déroulement des crises est plus ou moins dramatique. Ou bien
il s'agit d'un simple mouvement répété de la main ou du bras, ou
bien la personne contracte les mâchoires, se raidit, a des mouvements
saccadés, s'arrête même de respirer. Vous éprouverez un sentiment
d'impuissance et vous ne saurez pas quoi faire. Mais quand vous
aurez compris comment réagir, vous vous sentirez mieux en mesure
de contrôler la situation et vous serez moins inquiet.
Faire face
aux crises convulsives
Au moment
de la crise
Comme nous l'avons déjà dit, il ne faut pas s'inquiéter outre mesure.
Si vous arrivez à garder votre calme, vous réfléchirez plus facilement
et vous saurez éviter que la personne malade se blesse. Il est inutile
de vouloir lui placer une cuiller dans la bouche ou d'essayer d'arrêter
la crise. Attendez simplement que la crise cesse d'elle-même. La
personne malade risque de se blesser en cognant les meubles et les
objets, qu'il faut écarter. Essayez de dégrafer ses vêtements et
allongez-la sur le sol ou asseyez-la dans un fauteuil souple.
Après la crise
Lorsque les mouvements saccadés auront cessé, vérifiez que la personne
respire librement. Pour dégager les voies respiratoires, relevez-lui
doucement le menton et repoussez-lui le front vers l'arrière. Tournez-lui
la tête sur le côté et essuyez le pourtour de sa bouche s'il s'écoule
de la salive. Après la crise, la personne peut ressentir un effet
de choc et elle aura besoin d'être rassurée. Elle sera irritée ou
agressive, ou elle ne sera pas consciente de ce qui vient d'arriver.
Vous aussi, vous risquez d'être perturbé par cet événement, en particulier
lorsqu'il s'agit de la première crise. Il vaut mieux dans ce cas
appeler le médecin pour qu'il puisse en déterminer la cause, prescrire
le cas échéant des médicaments afin de réduire les risques de nouvelles
crises et vous conseiller sur les mesures à prendre. Il est également
indiqué de consulter le médecin pour faire confirmer le diagnostic
si les crises se produisent au début de la maladie ou de façon répétée.
Les mouvements
incontrôlés
Les personnes
atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée
peuvent exécuter des mouvements saccadés involontaires affectant
les bras, les jambes ou le tronc. Cela ne se confond pas avec une
crise convulsive, car il ne s'agit pas de mouvements répétés, mais
d'un mouvement isolé d'un bras ou d'une jambe. Le malade, par exemple,
lance un bras sur le côté, sans aucune raison apparente. Le seul
danger est celui d'une blessure, que ce soit pour une personne se
trouvant à proximité ou pour la personne malade elle-même. Il n'y
a pas lieu de vous inquiéter de ces mouvements. Il faut rassurer
la personne et veiller à ce qu'elle ne fasse de mal ni à elle-même
ni à autrui.
Faire face
aux mouvements incontrôlés
Les mouvements
incontrôlés des bras, des jambes ou du tronc ne doivent pas vous
inquiéter, mais il faut prendre quelques précautions afin de réduire
le risque de blessures. La personne malade pourrait se contusionner
ou se blesser en se cognant la jambe contre une table basse ou en
frappant un mur avec le bras. Un tel mouvement peut également provoquer
la chute d'un objet. Renverser une tasse de liquide chaud, comme
du thé ou du café, pourrait être dangereux. On ne peut malheureusement
prévoir quand va se produire un tel mouvement et il n'existe pas
de traitement efficace de ce phénomène : l'usage de médicaments
provoque souvent des effets secondaires. Lorsque ces mouvements
surviennent en début de maladie, il est indiqué de consulter le
médecin afin d'avoir confirmation du diagnostic. Des précautions
d'ordre général sont à prendre, comme de veiller à libérer l'espace
autour du fauteuil dans lequel la personne est habituellement assise
dans la journée. Ne placez pas une table de salon là où elle serait
exposée à un coup de pied et retirez les objets fragiles ou tranchants.
Avertissez les membres de la famille et les amis lorsqu'ils s'approchent
de la personne en portant des plateaux ou des boissons et mentionnez
la possibilité de ce comportement s'il se présente souvent. Vous
aurez éventuellement à rassurer la personne malade, qui peut être
aussi surprise que sa victime et qui peut s'inquiéter parce qu'elle
risque de blesser quelqu'un involontairement.
La perte
de la coordination
Il devient
souvent difficile pour une personne malade de boutonner une veste,
d'actionner une commande ou de soulever un objet. Ce trouble est
désigné par le terme " d'apraxie ", qui signifie " incapacité à
faire ". Ces problèmes de coordination et de manipulation retentissent
sur la vie quotidienne, la personne éprouvant des difficultés pour
faire sa toilette, pour s'habiller. Dans certains cas, la personne
malade perd complètement la faculté de rester debout et de marcher,
alors qu'elle ne présente aucune infirmité physique. C'est le cerveau
qui ne peut plus transmettre aux membres les messages appropriés.
Il est difficile de faire la part entre ce phénomène et les troubles
de la mémoire ou la confusion. Même si vous n'êtes pas sûr de l'origine
du problème, vous pouvez offrir votre assistance et éventuellement
freiner l'apparition de nouvelles difficultés.
Faire face
à la perte de la coordination et de la dextérité manuelle
Essayez d'aider
la personne malade, sans pour autant la rendre dépendante La personne
malade appréciera votre aide, qui pourra consister à diviser une
tâche en plusieurs étapes. Veillez à ne pas tout exécuter à sa place,
pour ne pas la démotiver. Certains gestes finissent par devenir
automatiques au fil des années et il pourra suffire de diriger la
main de la personne ou de lui faire commencer l'action pour qu'elle
retrouve cet automatisme. Si la personne malade perd la capacité
de se lever et de marcher, elle aura besoin de votre aide pour se
déplacer. Veillez à ne pas vous exposer à un trop grand effort physique
et à éviter tout accident. Le recours à un fauteuil roulant sera
peut-être la meilleure solution.
Créez une
atmosphère détendue et laissez assez de temps à la personne
Il vous arrivera
de constater que la personne fait de grands efforts pour accomplir
une activité et vous serez alors tentée de l'aider. Or, ce qu'il
lui faut souvent, c'est un peu plus de temps. En se sentant obligée
d'en terminer rapidement avec une tâche, elle se sent stressée et
la probabilité d'un échec devient alors plus grande. Rassurez-la
si elle se sent maladroite La personne malade s'aperçoit souvent
de ses difficultés. Frustrée de ne pas être capable de tout réussir,
elle sera très embarrassée du fait de son échec et se sentira incompétente
et maladroite. Sa gêne risque d'être encore plus grande en présence
d'autres personnes et elle sera alors tentée de dissimuler ses difficultés
en cessant l'activité ou en s'abstenant de réaliser la tâche. Efforcez-vous
de limiter les erreurs ou les échecs et cherchez à éviter les situations
où l'échec est probable ou particulièrement embarrassant.
(Pour l'essentiel,
ces informations ont été collectées sur le site : http://www.alzheimer-europe.org).
Revenir
à la rubrique "nos dossiers".
|