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La constipation et l'incontinence

La constipation

La personne malade peut souffrir de constipation, ce qui entraîne souvent des douleurs, une perte d'appétit, voire une incontinence. Souvent la personne ne saura pas expliquer ce qui la gêne ou même ne s'en rendra pas compte, et c'est par un trouble du comportement, par de l'agitation qu'elle le manifestera. Un recours fréquent aux laxatifs n'est pas recommandé. Les personnes malades peuvent ressentir cette expérience comme embarrassante et humiliante. Elles auront du mal à comprendre ce qui leur est demandé ou expliqué. En outre, les laxatifs ne sont pas exempts d'effets secondaires désagréables. Leur usage répété peut entraîner des maux d'estomac ou une perte d'appétit, ce qui souvent aggrave la situation. Il importe donc de détecter les signes de constipation, mais la meilleure façon est d'en prévenir l'apparition.

Faire face à la constipation

C'est une bonne pratique que de surveiller discrètement quand et combien de fois la personne malade se rend aux toilettes. Mais même si elle s'y rend fréquemment, cela n'exclut pas l'existence d'un problème. Si vous remarquez des signes faisant suspecter une constipation, douleurs abdominales, perte d'appétit, agitation inexpliquée, vous devez vous efforcer d'en avoir la certitude. Vous pouvez tenter d'aborder le sujet avec la personne, mais si cela ne vous apporte pas la confirmation, il est préférable de consulter le médecin. N'administrez pas de laxatif avant qu'il ne vous l'ait conseillé.

Un cas particulier : le fécalome

Dans certains cas, et tout particulièrement chez des sujets alités, des matières s'accumulent dans l'ampoule rectale, entraînant un obstacle à la reprise du transit. Il faut savoir qu'il existe des signes de fausse diarrhée : émission de selles liquides par ramollissement à la périphérie du fécalome. L'intervention d'un médecin est nécessaire.

Prévenir la constipation

Vous pourrez prévenir la constipation en adaptant le régime alimentaire : il n'est pas nécessaire de changer radicalement ses habitudes alimentaires, ce qui ne serait pas bien toléré par la personne. Augmentez la quantité de fibres et de liquide. Cela signifie davantage de céréales, de fruits, de légumes et de soupe, mais également davantage de boissons pendant et entre les repas. L'exercice physique, les promenades notamment, est également fort utile. Votre médecin pourra vous conseiller sur le genre d'aliments à privilégier. Il pourra prescrire certains médicaments à utiliser régulièrement, destinés à régulariser le transit sans entraîner d'effets irritants.

L'incontinence

On réussit en général à prévenir pendant longtemps l'installation de l'incontinence chez une personne malade grâce à un ensemble d'habitudes et de précautions. Tôt ou tard, elle en sera probablement affectée. L'incontinence fécale est occasionnelle et devient plus fréquente pendant les derniers stades de la maladie. Dans tous les cas, l'incontinence est très péniblement ressentie et entraîne honte et humiliation. Il vous sera certainement difficile d'affronter cette situation. Sans doute cela vous répugnera ou vous en serez gêné, vous demandant si vous arriverez un jour à vous y habituer. L'incontinence n'est pas exclusivement liée à des causes physiques, mais est consécutive à d'autres problèmes comme les troubles de mémoire, la désorientation, les difficultés de communication, ou à un problème médical associé. En veillant attentivement sur la personne malade et en aménageant le domicile, il est possible de réduire le nombre d'accidents et leurs conséquences désagréables.

Faire face à l'incontinence

Ne vous tourmentez pas si vous éprouvez des difficultés pour affronter l'incontinence. Bien des gens réagissent de cette façon. Se rendre aux toilettes est un sujet tabou dans beaucoup de familles. Le fait de vous sentir mal à l'aise vous permet d'imaginer l'humiliation que cela représente pour la personne malade. Au lieu d'insister sur la question de l'incontinence, essayez d'adopter une attitude réaliste et dites à la personne qu'elle ne doit pas avoir honte. Votre attitude est extrêmement importante, car si la personne se sent coupable et si elle a l'impression que vous la blâmez, elle pourra réagir en cherchant à dissimuler les preuves d'accidents et votre tâche n'en sera que plus pénible encore. Il vous sera plus facile d'adopter une attitude bienveillante et non critique si vous vous rappelez que l'incontinence est liée à la maladie et qu'elle n'est pas intentionnelle. Parler de ce problème avec d'autres aidants vous aidera à apaiser vos sentiments et le malaise que vous éprouvez en assurant des soins aussi intimes.

Hygiène

L'incontinence peut provoquer des irritations de la peau. Il est donc important que la personne malade soit lavée soigneusement après un accident. Un lavage à l'eau chaude et au savon est suffisant, en veillant à ce que la personne soit ensuite bien essuyée et habillée de vêtements propres. Si des plaies surviennent, il faut contacter le médecin, car elles peuvent être difficiles à traiter. Vous serez ensuite confronté à la tâche du nettoyage. Si vous ne pouvez laver sur le champ les vêtements souillés, déposez-les dans un récipient à couvercle étanche afin d'éviter des odeurs nauséabondes. Les déodorants sont plus efficaces que les rafraîchisseurs d'air lorsqu'il s'agit de supprimer les odeurs. Le vinaigre blanc est un moyen assez efficace pour chasser les odeurs d'urine d'un tapis. Essayez en outre d'aérer la pièce aussi souvent que possible et, ce qui est essentiel, ne vous sentez pas embarrassé et ne vous blâmez pas si une légère odeur persiste : vous faites de votre mieux.

Prévenir l'incontinence ou en réduire les conséquences

Consultez le médecin Comme certains cas d'incontinence sont réversibles, il est indiqué d'en parler au médecin. Vous aurez à le renseigner sur la nature et la fréquence du problème. Le médecin vous donnera peut-être une explication, comme une infection urinaire, qu'il traitera par des médicaments. Mais il pourra aussi découvrir que le problème est consécutif à la prise de médicaments, provoquant une confusion chez la personne malade. Signalez les toilettes, rendez-les accessibles et faciles à utiliser. Un accident peut survenir parce que la personne ne réussit pas à trouver les toilettes à temps, même à domicile. Il faut donc veiller à ce qu'elles soient clairement signalées. Il suffit par exemple de peindre la porte d'une couleur différente. Si les toilettes sont confortables, faciles à utiliser et si la pièce est bien chauffée, la personne malade s'y sentira bien et y restera suffisamment longtemps. Des mains courantes et un siège un peu surélevé facilitent l'utilisation. Si un homme ne se rappelle plus très bien où il faut uriner, on peut l'aider en ajoutant un produit colorant dans l'eau, le contraste lui permettant de retrouver l'endroit adéquat. On aidera un homme à diriger le jet d'urine correctement en fixant l'urinoir à la bonne hauteur. Gardez libre l'entrée des toilettes, veillez à ce que la porte ne soit pas trop dure à manœuvrer, que la poignée se manipule aisément, n'éteignez pas l'éclairage. Les toilettes devront se trouver à proximité pour que la personne mettent peu de temps à y accéder. Développez une routine Surveillez le nombre de fois où la personne se rend aux toilettes et notez les cas d'incontinence. Vous constaterez peut-être que les accidents surviennent plus volontiers à certains moments, par exemple une demi-heure après le petit déjeuner. Vous pourrez dans ce cas tenter d'y remédier en provoquant un passage aux toilettes après le petit déjeuner. Vous détecterez peut-être aussi quelques signes vous indiquant que la personne a besoin d'aller aux toilettes. Développer une routine, avec un passage régulier aux toilettes, est un bon moyen d'éviter les accidents. Un petit rappel ou une suggestion peuvent suffire chez certaines personnes, alors que d'autres devront être conduites aux toilettes et même y être assistées.

Évitez d'aggraver le problème

La personne malade doit boire suffisamment, environ huit tasses ou un litre et demi par jour, mais il vaut mieux éviter de la faire boire dans l'heure qui précède son coucher. Soyez attentif si elle prend des sédatifs qui peuvent diminuer sa vigilance, si bien qu'elle ne se réveillera pas pour aller aux toilettes. Si l'incontinence nocturne est un problème, réveillez la personne durant la nuit pour la conduire aux toilettes. Certains vêtements peuvent être une gêne en cas de besoin urgent.

Protégez la literie et les sièges

Il est probable que des " accidents " se produiront de temps à autre malgré vos efforts. Il est donc prudent de protéger le matériel. Glissez une protection plastique sous les coussins et les housses. On peut se procurer des alèses imperméables qui protégeront le matelas, mais le plastique ne doit pas être en contact avec la peau. Des molletons absorbants sont disponibles, ainsi que des protections de lit réutilisables ou jetables. Les couettes sont plus légères et d'entretien plus facile. En cas d'incontinence habituelle, envisagez le remplacement des tapis et moquettes par des revêtements de sol plus faciles à entretenir. Il faut savoir que l'usage d'une couverture chauffante ordinaire est dangereux pour un sujet incontinent et que si l'on veut y recourir, il faut utiliser des modèles spéciaux, plus coûteux.

Employez des protections

Si le problème de l'incontinence s'aggrave, il faudra utiliser des protections. Il vous sera peut-être difficile d'aborder le sujet avec la personne malade et vous aurez à faire preuve de beaucoup de tact pour ne pas la blesser. Les bénéfices de ces protections ne seront pas que pour vous, en allégeant votre tâche, mais également pour la personne malade en rendant l'incontinence moins perceptible par les tiers. Les différents modèles se distinguent par leur degré d'absorption, leur taille et leur emploi, de jour ou de nuit. Le choix de la taille est important. Trop grande, la protection peut être trop voyante et gênante, trop petite, elle risque d'être inconfortable. Les urinaux sont utiles, en particulier pour la nuit. Les pots de chambre et les bassins de lit offrent une autre solution, mais certaines personnes ont des difficultés à les utiliser. On peut enfin avoir recours aux sondes urinaires, pour hommes ou pour femmes, mises en place par le médecin ou l'infirmière. Ce procédé est généralement considéré comme un moyen ultime, non dépourvu d'inconvénients comme une gêne physique et psychologique ou un risque infectieux, et doit être envisagé en concertation avec le médecin.

(Pour l'essentiel, ces informations ont été collectées sur le site : http://www.alzheimer-europe.org).

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