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Un patient souffrant
d'une maladie d'Alzheimer est naturellement vulnérable, souvent
inapte à pourvoir seul à ses intérêts. Il peut commettre de graves
erreurs susceptibles d'attirer les profiteurs : distribution d'argent
irraisonnée, donation à tierce personne, vente de biens immobiliers,
…
Ainsi, si le
malade n'est pas protégé et que sa famille souhaite remettre en
question un acte que celui-ci a effectué, il faudra apporter a posteriori
la preuve du trouble mental du malade, ce qui est une procédure
lourde et compliquée.
Il peut donc
devenir nécessaire de protéger légalement les biens du malade "
malgré lui ", sur le plan administratif et financier. Le malade
est alors présumé irresponsable de ses actes et la procédure est
beaucoup plus simple. Il est recommandé aux familles de bien prendre
en compte les nécessités familiales et économiques du malade et
de prendre conseil auprès d'un professionnel habitué à traiter ces
questions (assistante sociale).
En effet les
mesures de protection, qui impliquent notamment la perte des droits
civiques, peuvent avoir des répercussions psychologiques importantes
chez le patient.
La demande
La demande d'une
mesure de protection juridique se fait par le malade lui-même ou
par sa famille (conjoint, enfants, frères, sœurs). Les autres personnes
(parents, amis, médecin…) n'ont pas la possibilité de demander l'ouverture
d'une mesure de protection, mais ils peuvent informer le Juge des
Tutelles (tribunal d'instance) si le cas leur paraît justifier une
mise sous protection. Le juge peut alors déclencher lui-même la
procédure. Il faut retirer un dossier au service des tutelles du
tribunal d'instance du domicile du patient et faire valoir l'expertise
d'un médecin qui évalue les troubles. Le juge des tutelles se prononce
après constitution du dossier, selon la situation de famille et
le degré de certitude diagnostique. Toutes ses décisions sont susceptibles
de recours auprès du Tribunal de Grande Instance. Les seuls frais
qui doivent être acquittés sont les frais d'expertise médicale (environ
1 000F). En cas de nécessité, le juge peut les faire prendre en
charge au titre de l'aide judiciaire.
Les trois
régimes de protection (loi n° 68-5 du 3 janvier 1968, articles
488 à 514 du Code Civil)
Ils s'appliquent
uniquement aux biens de l'individu protégé et non à sa personne.
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La sauvegarde
de justice (article 491 du Code Civil)
C'est le plus
léger des régimes de protection. C'est une mesure de prévention
temporaire. Elle peut être prononcée à titre provisoire pendant
l'instruction d'un dossier de curatelle ou de tutelle. La personne
conserve l'intégralité de ses droits et continue à jouir pleinement
de son patrimoine, mais elle est protégée de ses actes inconsidérés.
Un représentant légal, généralement un parent, est mandaté pour
surveiller ses comptes. Une erreur de paiement peut ainsi être résiliée
ou réduite de plein droit, avec obligation au bénéficiaire de rembourser
les sommes éventuellement perçues.
La curatelle
(articles 508 à 514 du Code Civil)
C'est un régime
d'assistance et non de représentation. Le juge précise les modalités
de la curatelle. Ce régime bénéficie en effet d'une certaine souplesse
qui peut évoluer en fonction de l'état du patient.
- Dans la
curatelle simple (article 510 du Code Civil), la personne protégée
peut continuer à administrer ses biens (perception de revenus,
paiement de factures, testament) mais ne peut en disposer (vente,
donation) ou accomplir des actes civils personnels (mariage, divorce…)
sans l'assistance d'un curateur.
- Dans la
curatelle renforcée (article 512 du Code Civil), l'administration
et la disposition des biens sont transférées au curateur.
La tutelle
(articles 492 à 507 du Code Civil)
C'est le régime
de protection le plus complet. Le majeur sous tutelle est représenté
pour tous les actes de la vie civile par son tuteur : la personne
sous tutelle (" pupille ") perd donc tous ses droits civiques. Tout
acte accompli sans l'accord du tuteur est annulé. En contrepartie,
le tuteur est soumis à une obligation d'assistance et de protection
envers son pupille dans la vie quotidienne. Il existe plusieurs
régimes de tutelle :
- La tutelle
simplifiée : elle est exercée par un proche parent ou par un gérant
de tutelle (sélectionné sur une liste de volontaires agréée par
le tribunal). Le tuteur ou le gérant doivent rendre compte au
juge de l'exercice de la tutelle. Le tuteur ne perçoit pas de
rémunération, mais le gérant de tutelle a droit à des émoluments
(remboursement de frais, …).
- La tutelle
sous surveillance d'un conseil de famille : c'est une forme de
protection très lourde, car il faut la réunion du conseil (5 membres
au moins) pour tout acte de disposition (vente…).
- La tutelle
d'Etat : elle transfère à l'Etat la protection de l'incapable
majeur.
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